Rachel Therrien – V for Vena

Aussi loin que je me souvienne, la carrière de la trompettiste et bugliste Rachel Therrien fait partie de mon quotidien. Comme les  femmes évoluant dans le monde la note bleue sont rares, et plus encore, des gens de chez nous, il est impératif de leur donner un coup de pouce nécessaire.

V for Vena – synonyme d’un parcours de Rimouski à New York


De son Rimouski natal la jeune Rachel a parcouru bien du chemin puisque nous la retrouvons maintenant sur la scène internationale et de la grosse pomme new-yorkaise, comme il se doit . Avec son nouveau quartet européen, composé du contrebassiste espagnol Dario Guibert, de la batteuse allemande Mareike Wiening, du pianiste franco-australien Daniel Gassin ainsi que du saxophoniste invité Irving Acao, elle nous convie à un voyage. Prenant, la lettre V, qui symbolise les oiseaux migrateurs et V pour s’envoler, les quinze pièces présentes sont en quelque sorte synonyme de parcours.

Folks Jam / V for Vena / Parity / Pigalle / 75 Pages of Happiness / Assata / Bilka’s Story / Emilio / Women / Synchronicity / This Isn’t Love / Just Playing / Bleu tortue / Migration / Folks Tune

Rachel Therrien – des chorus qui ouvrent la porte à l’imagination poétique


Dès la première plage qui fait juste 52 secondes – Folks Jam, elle établit le dialogue avec le pianiste Daniel Gassin qui pour l’occasion a ressorti le bon vieux Fender Rhodes. Le cœur de cette nouveauté qui se nomme V for Vena s’inscrit dans le jazz au long cours, tout en finesse qui évoque parfois Ingrid Jensen et pourquoi pas Claudio Roditi. Au fil des ans, Rachel Therrien a acquis de la souplesse, une maîtrise dans l’improvisation ainsi que des chorus qui ouvrent la porte à l’imagination poétique. Combinant la modernité avec un swing fort dynamique, elle est superbement appuyée par le pianiste, jolie découverte pour le signataire.

Le saxophoniste Irving Acao sur Bilka’s Story


Dans Bilka’s Story ou elle retrouve le saxophoniste invité Irving Acao, de douces effluves de samba subliment le dialogue, puis la trompette s’envole, mordante, athlétique avec un clin d’œil nécessaire à Freddie Hubbard. Du saxophoniste, qui connait bien son métier, là encore, il évoque un peu Stan Getz mâtiné de Dexter Gordon. Nous pouvons raisonnablement penser qu’au cours de ses périples elle a certainement croisé ces fiers animaux à carapace que sont les tortues. Pour oublier les nuages noirs qui planent sur nos têtes, Bleu Tortue s’immiscera entre vos deux oreilles, et, nous sommes certains que vous révérez de Tahiti ou de la Polynésie. Même si Paris, ville lumière est claquemurée, souvenons-nous que le Pigalle qu’elle décrit si bien embaume le swing, la joie de vivre et les jazz avec des accents qui évoque parfois le regretté trompettiste Jonah Jones.

Mais oui, c’est un travail considérable ainsi qu’une belle réussite.

Pour écouter et en savoir plus sur V for Vena : https://idol.lnk.to/Vena

https://www.facebook.com/rachel.trumpet

http://racheltherrien.com/


Christophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.

 

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