Miles to Go de Bill King avec Alexis Baro

Le pianiste, photographe et homme de radio torontois Bill King nous parle de Miles et lance Miles to Go avec le trompettiste Alexis Baro et le multi-instrumentiste Jesse King.


Miles Davis en 1963, 1964, 1971 et 1987 de Louisville, KY, à Toronto


J’ai eu la chance d’entendre Miles Davis en concert a plusieurs étapes de sa carrière. En 1963 au Brown Theater de Louisville, Kentucky avec Wynton Kelly, Paul Chambers, Jimmy Cobb, et Hank Mobley ; en 1964 avec Herbie Hancock, Tony Williams, George Coleman, et Ron Carter ; en 1971 à la Colonial Tavern de Toronto – Bitches Brew avec Chick Corea / Keith Jarrett aux claviers, Miroslav Vitous à la basse, Jack DeJohnette à la batterie, et John McLaughlin à la guitare ; et une dernière performance en 1987 au Roy Thomson Hall de Toronto avec Bob Berg, Robert Irving lll, Rodney Jones et compagnie. Chacun de ses concerts était un statement, une déclaration du nouveau potentiel musical qui se créait. Où aller après tout ça ? Quand on lui a demandé pourquoi il ne revenait au succès de ses débuts, les enregistrements Prestige avec John Coltrane, il répondait que c’était déjà fait.



Chaque album de Miles était différent des autres


Chaque album de Miles était toujours différent de tous les autres. Vous aviez le droit d’aimer ou pas mais pas de questionner les motivations de chacun des ses projets transitionnels et de découverte. C’est le producteur Teo Macero qui donna a Miles un coup de pouce dans le monde de l’électronique pendant les sessions Bitches Brew. Miles écoutait toutes les musiques – comme le rhythm & blues du groupe Electric Flag en unissant l’impulsion de base avec ses explorations futures.

Miles to Go, une création organique


Miles to Go n’est pas un hommage mais une création organique qui commence avec un rythme en loop créée de Jesse King qui joue également le basse, la batterie, la guitare et les percussions. J’y ai ajouté des claviers Rhodes, la clarinette, les cordes et une mélodie. Mais d’où vient tout cette musique de Miles ? J’ai ensuite compris. Miles avait une très grande écoute et pouvait reconnaître des chansons qui auraient du succès à la radio, des chansons avec du caractère et une vibe qui lui permettrait de jouer avec la mélodie de la même façon qu’avec le standard My Funny Valentine de 1937 par Rogers & Hart et enregistré en concert en 1964. Ce son de la sourdine Harmon, un groove et un sens rythmique mélodique.

Miles to Go, un retour au racines du jazz avec Alexis Baro


Dans l’excitation je me suis rappelé comment j’aimais et j’admirais Alexis Baro, un trompettiste d’origine cubaine et sa grande culture des époques, de bop a pop. C’est en 2001 que nous avions fait équipe pour une relecture enflammée du Pachuko Hop de Chuck Higgins avec le Saturday Nite Fish Fry. Alexis est l’auteur de beaucoup de hautes notes dans les aigus sur plusieurs enregistrements de salsa et de son cubains. 19 ans plus tard, c’est 2020 et Miles to Go est un retour sur les racines de l’histoire du jazz africain / américain et la douce sourdine de Miles Davis. En plein dans le mille Baro!

Texte de Bill King / Traduction Claude Thibault
Producteurs/ingénieurs de son/compositeurs: Bill et Jesse King
Mix et matriçage : Jesse King
Bill King : claviers – Rhodes/clarinette/cordes
Alexis Baro : trompette
Jesse King : basse/batterie/guitare/percussions

Photo : Bill King

facebook.com/billkingpiano

 

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