La diva jazz Ranee Lee à la Boutique de Son pour un nouvel album

Ranee Lee Richard Ring Fraser Hollins Kevin Warren

La chanteuse et icône du jazz canadien Ranee Lee est en studio à la Boutique de Son de George Doxas pour un nouvel album sur le label Justin Time, et qui sortira en 2022. Sur des arrangements de Taurey Butler, Ranee Lee s’est entourée des meilleurs musiciens du Québec incluant Taurey Butler (piano), Carlos Jiménez (guitare), Ron Di Lauro (trompette), Richard Beaudet (sax), Muhammad Abdul Al-Khabyyr (trombone), Dave Watts (basse), Jim Doxas (batterie), Émilie Brûlé (violon), Kate Bevan-Bake (violon) et Amanda Keesmaat (violoncelle). Photo : Ranee Lee (voix), Richard Ring (guitare), Fraser Hollins (basse) et Kevin Warren (batterie) pour un concert de l’ONJM du 13 décembre 2013.



Ranee Lee, chanteuse, compositrice, comédienne et pédagogue


Ayant collaboré notamment avec Clark Terry, Bill Mayes, Herb Ellis, Red Mitchell, Milt Hinton, Oliver Jones et Terry Clarke, Ranee Lee célèbre plus de 40 ans de résidence à Montréal, ville dans laquelle elle a connu une carrière remarquable et qui lui a permis de devenir l’une des chanteuses jazz les plus populaires au Canada. En plus d’être chanteuse, Ranee Lee est également compositrice, comédienne et pédagogue. Elle a remporté de nombreux prix pour son imposante discographie et sa contribution à l’enseignement du jazz. Voici quelques mots avec la diva.



CT – Ranee, quel artiste vous a allumée au jazz?

Ranee Lee – Comme tous les ados de mon époque j’écoutait du Top 40, du R&B et du rock. Mais j’ai toujours été attirée par la musique de Dinah Washington. J’ai depuis réalisé qu’il y plusieurs autres chanteuses, telles Nancy Wilson, Diana Reeves, et autres, qui sont également des disciples de Dinah. Même si on ne ressemble pas a Dinah dans le sens du son, du phrasé et du rythme il y avait quelque chose dans sa façon de raconter une histoire, elle n’improvisait pas beaucoup, mais plutôt dans son phrasé et son style. Je pense donc que mon introduction initiale c’était Dinah qui chantait dans une variété de styles, pas seulement en jazz, et qu’elle a influencé des chanteuses de jazz qui m’ont influencé.

CT – J’ai découvert qu’avant de chanter vous avez joué la batterie et le saxophone…vraiment?

Ranee Lee – Oui, c’est vrai. J’ai joué de la batterie et du saxophone pendant plusieurs années. J’ai aimé jouer ces instruments, que
je n’ai PAS joué depuis des années! Cela m’a donné une base au niveau du rythme, du phrasé et de l’impro et une bonne fondation pour la musique. J’ai même joué de la basse dans un groupe country & western, ce n’était pas trop difficile mais une bonne expérience. Mais même avant ça j’ai été danseuse! Pendant des années j’ai étudié le ballet, j’étais ado et comme tous les ados je voulais essayer plein de trucs.

CT – Et qu’est-ce qui vous a amener de New York a Montréal ? c’était l’amour ? nos hivers ?

Ranee Lee – Elle rit. L’amour de la musique et la joie de vivre montréalaise. J’était une exploratrice et je naviguais entre nos deux pays afin de bâtir ma carrière et un public, j’était très jeune, je voulais voyager d’un endroit a l’autre et explorer qui j’étais et j’étais très excitée de pouvoir voyager. J’ai passé beaucoup de temps en Ontario et a la fin des années 60 on nous a invité a jouer à Montréal et je suis tombé en amour avec la ville. Notre première gig fut au Café de L’Est (Notre-Dame/Bennett). La scène musicale était riche et vivante ici et on a eu beaucoup de plaisir. Et puis 5 ans plus tard on est revenu a plusieurs reprises au Portage de l’Hôtel Bonaventure. Et je suis encore une fois tombé en amour avec la ville, il y avait une telle atmosphère. Et ensuite je me suis marié avec Richard Ring, le guitariste du groupe…

CT – C’est quoi pour vous l’enseignement et le partage du jazz?

Ranee Lee – C’est difficile a mettre en mots. Je tente de créer une relation avec l’âme du musicien – quand ils arrivent à moi ils ont déjà un amour et une compréhension de la musique et c’est comme arroser des plantes qui grandissent. Quand ils saisissent des choses et commencent a utiliser des composantes qu’ils apprennent a travers tous les cours, surtout a l’université et qu’ils fleurissent, c’est une grande récompense.

CT – Quelques vocalistes qu’on devrait surveiller?

Ranee Lee – Il y en a plusieurs. Sarah Rossy, Sophie Tremblay, Victoria Doyon (elle sera la première au Québec avec un Doctorat sur la voix et ça c’est quelque chose).

CT – Vous avez joué avec une foule d’excellent musiciens, quels moments WOW avez-vous vécus?

Ranee Lee – De l’autre côté de la frontière, quand j’ai enregistré avec le grand bassiste Ray Brown, pas seulement parce que c’est un icône mais parce que c’était le mari de Ella Fitzgerald, et nous sommes dans la même pièce! J’ai eu plusieurs grands moments avec Oliver Jones. Et puis il y eu le pianiste et chanteur Buddy Greco pour une présentation a CTV il y des années. Aussi quand j’ai vu Mark Murphy au Upstairs.

CT – Vos compositeurs préférés?

Ranee Lee – Évidemment Gershwin a cause de l’exploration des divers styles de musique de Porgy and Bess jusqu’au American Songbook. Il raconte une histoire, et la liberté et l’aventure est dans sa musique. J’aime aussi Duke Ellington, j’adore ses chansons. Cole Porter aussi. Andrew Lloyd Weber qui a écrit Cats.

CT – Parlez-nous de cet album…

Ranee Lee – C’est un album de 9 pièces qui explore le langage du jazz, joué par 11 musiciens vraiment exceptionnels!

On a bien hâte Ranee!

NDLR : Elle sera en concert au Upstairs (rue Mackay Montréal) samedi le 17 juillet 2021.


Discographie (Justin Time)


What’s Goin’ On (2014)
Live at Upstairs (2009)
Just You Just Me (2005)
Maple Groove (2003)
Dark Divas – The Musical (2000)
Seasons of Love (1997)
You Must Believe in Swing (1996)
I Thought About You (1994)
The Musicals: Jazz on Broadway (1992)
Deep Song – A Tribute To Billie Holiday (1989)
Live At The Bijou (1984)


Entrevue : Claude Thibault


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