livre : Viper’s Dream – Jake Lamar

Viper's Dream

Vous aimez le jazz qu’il fut ancien et moderne, le Harlem des années 30 à 60 ?, si oui, Viper’s Dream du romancier Jake Lamar est pour vous. Cela fait des lustres que je n’avais dévoré un roman sur le jazz ou se côtoie la fine fleur de la pègre, les clubs de jazz qui avaient pour nom l’Onyx, le Three Deuces et le Savoy évidemment, avec un détour par Greenwich Village et la 52e rue qui va supplanter le Tout-Harlem.


Viper’s Dream, un sentiment d’appartenance à la note bleue


Au passage, vous allez côtoyer la baronne Pannonica de Koenigswater (1913-1988), Nica pour les musiciens, héritière de l’empire Rothschild, qui deviendra une muse pour Thelonious Monk et Charlie Parker et succombera dans son appartement. Au fil des décennies, rares furent les romans consacrés au jazz qui ont atteint un tel sentiment d’appartenance à la note bleue.



Vipers’ Dream – Quand pousse l’herbe magique


Né dans le Bronx en 1963, l’auteur afro-américain Jake Lamar fit des études à Harvard puis devint journaliste pour le magazine Time. En 1993, comme le firent bien avant lui les écrivains Richard Wright, James Baldwin et Chester Himes, il s’établit en France. Romancier dans l’âme, mais aussi créateur de pièces de théâtre, il enseigne à Sciences PO (Paris). Contrairement à ce que nous pourrions imaginer, Viper fut le nom donné par les consommateurs à une herbe magique (weed) qui circulait dans Harlem et faisait le bonheur du quidam comme des musiciens de jazz.


Viper's Dream


Clyde Morton est Viper


Clyde Morton qui héritera du nom de Viper, parce qu’il en était le principal fournisseur, voulait absolument être trompettiste de jazz. Après un échec retentissant lors d’une seule interprétation de Stardust, copié-coller des notes qu’il emprunte au roi Louis Armstrong, sa carrière prit une autre tournure. Voyant qu’il avait certaines qualités indispensables pour le « métier » : gentillesse, sens du commerce et des poings d’aciers, Mr O, puissant trafiquant de l’époque (1930) le prit sous son aile.



Rencontres avec Duke Ellington, Count Basie, Charlie Parker et Dizzy Gillespie


De fil en aiguille, le jeune Clyde devint le roi de Harlem, protégeant les musiciens de jazz, et faisant si bien fleurir le commerce, qu il devint le «  roi trafiquant «  de Harlem. Sur une période de trente ans, nous suivons l’ascension de ce jeune homme, fou amoureux d’une chanteuse en devenir qui le fera languir jusqu’à la fin du roman. Mais plus encore, nous assistons à des rencontres passionnantes : Duke Ellington, Count Basie, la naissance du be-bop avec le tandem Charlie Parker / Dizzy Gillespie, les problèmes de drogue dure qui commencèrent à faire de sérieux ravages, Clyde refusa tout sa vie de vendre de l’héroïne, puis le jazz qui trouva un nouveau public sur la 52e rue.



Viper’s Dream – Harlem comme si vous y étiez


Harlem comme si vous y étiez, à la manière du romancier Chester Himes sans le copier. Quoi dire d’autre ? Que Viper’s Dream
« s’écoute » en pensant à ce jazz éternel, jamais mythologique. Pour appuyer ses dires, Jake Lamar nous fournit en conclusion, 50 morceaux pour accompagner cette lecture oh combien merveilleuse! Nous vous conseillons aussi Le diable et son jazz du chroniqueur Nat Hentoff, Be-Bop A Lula de François Joly ainsi que Les treize morts d’Albert Ayler, tous parus dans la Série Noire.

Rivages Noir
237 p


Christophe RodriguezChristophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz. Pour lire les chroniques de Christophe, c’est ici


 

 

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