
Hier soir (8 juillet) dans un Monument National bondé, la pianiste Lorraine Desmarais célébrait ses quarante ans de métier. Lorraine Desmarais @ FIJM c’est la force discrète, la gentillesse et toujours cette même passion pour la note bleue ainsi que bien d’autres projets. Elle a pavé la voie à nombre de jeunes musiciennes, sans jamais avoir « la tête enflée ».
Pour ses 40 bougies, il y avait beaucoup d’amis, des surprises et un grand orchestre rutilant composé des plus fines lames du tout Montréal.
Bill – Lorraine Desmarais, Alec Walkington et Camil Bélisle
Cette soirée du 8 juillet que nous pouvons d’ores et déjà considéré comme l’une des plus belles du Festival International de Jazz de Montréal 2022 s’est ouvert par un hommage au regretté pianiste Bill Evans. Tout simplement intitulée Bill, la composition de la pianiste mettait en lumière son jeu fin, aérien, et comme si c’était le premier jour, Lorraine était concentrée, soutenu par son batteur de toujours Camil Bélisle et le contrebassiste Alec Walkington qui évoquait beaucoup le légendaire contrebassiste Ray Brown.
Puis vint une autre surprise avec un inédit tout simplement intitulé Paquito. Une composition très latine qui fera l’objet d’un enregistrement prochain.
Vision, No Vacancy et Falling Grace – Lorraine Desmarais @ FIJM avec Alain Caron, Michel Cusson et Paul Brochu
Comme elle a touché à bien des genres, le fusion en particulier, voilà que se pointe le bassiste Alain Caron! Évoquant un peu le tandem Ray Brown/Oscar Peterson, elle a dialogué tout sourire avec cet immense musicien sur Falling Grace du contrebassiste américain Steve Swallow. Un vrai délice qui s’est conjugué en des instants de bonheur précieux. Il n’en fallait pas plus pour que la gentille Lorraine fasse appel à deux autres musiciens, et pas des moindres : le guitariste Michel Cusson et l’incontournable batteur Paul Brochu. UZEB sur scène, ce fut comme un miracle. Avec Vision et No Vacancy, ce quatuor sublimé par l’énergique Michel Cusson qui n’a rien perdu de sa science des notes était pour ainsi dire, une bénédiction et qui n’avait rien à voir avec la venue du pape, une chance.
When I Fall In Love et Well You Needn’t – Lorraine Desmarais @ FIJM avec Alain Trudel
Du classique pas tout à fait, mais elle a convaincu le tromboniste/chef d’orchestre Alain Trudel de « discuter » musique. Du jazz oui, ou le piano dialoguait amoureusement avec le trombone sur la puissante ballade When I Fall In Love, puis un échange musclé sur le décapant Well You Needn’t du compositeur/pianiste Thelonious Monk.
Bolero, Reggae Doo – Le Big Band avec Jean-Pierre Zanella et Muhammad Al-Khabyyr
Avec un big band rutilant – une autre passion de la pianiste – les 40 bougies se sont soufflées de façon spectaculaire. Il y avait ce Bolero mettant en vedette au saxophone soprano le redoutable Jean-Pierre Zanella, Nous avons aussi découvert que le joueur de trombone Muhammad Al-Khabyyr pouvait scatter, tel un Herb Jeffries ou Ray Nance des beaux jours, sans oublier la section de cuivres et la phalange de saxophones qui eu son court instant de gloire dans Reggae Doo.
Des musiciens chevronnés qui retrouvaient leur vingt ans, comme Lorraine Desmarais auréolé par tant d’années au service du jazz et de la musique tout court.
Notre entrevue avec Lorraine Desmarais
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
Photo : Benoit Rousseau
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