
Le contrebassiste Jean-Sébastien Clément est également avocat. Comme M. Mini-Wheats, il a deux côtés, le côté givré et l’autre côté plus sérieux. Les jeunes réalisateurs Laurie Hébert et Félix-Albert René nous proposent une rencontre intéressante avec l’avocat musicien et comment il vit cette dualité. Voici un transcription partielle de la rencontre et la vidéo.
Mon nom est Jean-Sébastien Clément
Je me décris comme premièrement un père, mais je suis aussi avocat….et aussi contrebassiste dans plusieurs ensembles de jazz, de blues, de musique populaire, même de musique traditionnelle juive, le klezmer. Je suis avocat depuis plusieurs années, je travaille avec le Cris de la Baie James qui sont dans le nord du Québec. Alors je suis un avocat du gouvernement, pas du gouvernement du Canada ni du Québec ni d’une municipalité mais je suis un avocat qui travaille avec un groupe autochtone, je touche une série de choses, c’est très très large…
Le droit et le jazz – est-ce qu’il y un lien ?
Est-ce qu’il y un lien entre les deux domaines ? C’est certain. Dans les deux cas, il faut connaître la base. Dans le droit, c’est le droit, dans la musique, c’est la musique ! Alors il faut connaitre comment ça fonctionne, et puis ensuite, après que tu sais ça, tu est capable d’improviser et d’aller aux bons endroits aux bons moments…c’est exactement la même chose.
Ce qui me motive et continuer à être avocat et musicien c’est que je me rends compte que c’est comme ça que j’aime vivre. Je ne vous cacherai pas que des fois c’est tout un casse-tête! Moi j’ai découvert que j’avais besoin de cette balance. Je ne m’identifie pas comme avocat à 100%, je ne m’identifie non plus pas comme un musicien à 100%. Je m’identifie beaucoup comme ayant deux les composantes en moi, comme M. Mini-Wheats avec les deux côtés, givré et…le plus sérieux.
Mais je peut me stresser avec mon rôle d’avocat, parce que c’est stressant…mais là je suis capable de gérer ce stress là. Mon rôle de musicien, j’essaie de pas me stresser avec ça, j’essaye vraiment d’avoir du plaisir. A la fin de la journée quand même que je fais une note pas trop correcte à L’Escalier, il y aura pas beaucoup de conséquences, y a pas grand monde qui va mourir de ça…
Dans le fond je suis heureux dans mon rôle de ne pas être musicien classique parce que je peut me tromper…en autant que je puisse me rattraper. Si tu joues avec quelqu’un qui dit « Jean-Sébastien a pris le champ » et qu’il ne le supporte pas, c’est pas un bon jazzman. Un bon jazzman c’est celui qui va s’apercevoir de ce qui se passe. S’il y une erreur, il va tout simplement en rire et vas aller chercher quelque chose pour faire quelque chose de beau avec ça.
Le droit autochtone
J’avais vu une annonce pour travailler en droit autochtone. En 1996 c’était pas quelque chose qui était connu dans le monde juridique. Je ne connaissais pas les enjeux du droit autochtone. Et en 1997 il y a eu la décision Delgamuukw de la Cour Suprême sur le titre indien, et ça me passionnait.
En jazz comment en droit il faut être prêt : Jean-Sébastien Clément
En droit dans une cour devant un juge notre plan initial peut changer et va changer. C’est la même chose en jazz. La préparation c’est d’apprendre comment le jazz fonctionne, c’est d’apprendre la relation entre les accords, les notes, l’harmonie et le rythme. J’ai pas appris ça en allant à l’école mais en m’intéressant à la chose et en prenant certains cours, et en jouant sur le tas comme on dit. Et de la pratique. Et je me prépare quand je joue dans un spectacle, en étudiant les pièces qu’on va jouer, quand j’ai le temps pour mieux les jouer. Il y a plein de versions de certaines pièces et les apprendre fait partie de la préparation.
Réalisé par Laurie Hébert et Félix-Albert René
avec le contrebassiste Jean-Sébastien Clément