Gainsbourg jazz, Gainsbourg rock, la somme de toutes les envies

Est-ce que je connais bien l’univers de Serge Gainsbourg ? disons à moitié -). Du Poinçonneur des Lilas en passant par La Javanaise et ce bijou que fut Black Trombone, disons que cela suffisait à ma connaissance. Mais voilà qu’un cadeau de Noël inespéré vient de faire son apparition, un ovni, comme nous en voyons une fois tous les vingt ans : Le Gainsbook – en studio avec Serge Gainsbourg (Seghers).

Une folle entreprise


À la tête de la folle entreprise du Gainsbook : Sébastien Merlet, directeur artistique et commissaire de l’exposition : Le Poinçonneur des Lilas à 50 ans, Christophe Geudin, rédacteur en chef de la revue Muziq, Jérémie Szpirglas, écrivain et ancien journaliste qui a
travaillé entre autres pour Universal France, et Andy Votel, spécialisé dans la réédition de bijoux discographiques et co-fondateur
de la marque Finders Keepers.

Le bonheur du collectionneur


Sous le format livre table à café et composé de plus de 450 pages, avec pochette d’albums, entretiens avec les musiciens et entrecoupés d’entrevues avec Gainsbourg au fil de sa carrière, le bonheur du collectionneur comme de l’amateur de musique est plus que palpable. Je voudrais remercier mon ami Guy Bardet, trompettiste de métier et créateur du site Facebook «  Les trom potes  » qui a côtoyé au cours de sa longue carrière nombre de ces musiciens, dont les trompettistes Fernand Vestraete et Maurice Thomas, le joueur de trombone Raymond Katarzynski qui furent « ses papas musique » et qui me les fit découvrir au fil des conversations.

Très jazz au début de sa carrière


Au fil des plages amplement documentées qui vont de pair avec chaque album enregistré, nous découvrons l’envers du décor et plus important encore, les musiciens. Très jazz au début de sa carrière, Gainsbourg eut comme chef d’orchestre Alain Goraguer, le pianiste de Boris Vian, qui par la suite, mobilisa une partie de la fine fleur des musiciens français . Nous songeons évidemment aux saxophonistes Pierre Gossez, Marcel Hrsako et Jo Hrasko, George Grenu, au contrebassiste Pierre Michelot, aux trombonistes Charles Vestraete, Benny Vasseur et Raymond Katarzynski, « katar  » pour les intimes. Il était temps qu’un hommage soit rendu à ce très grand musicien et 1ière chaise à l’Opéra de Paris pendant trente ans, et qui fut l’ombre chinoise et le son de Black Trombone.

Gainsbook, un hommage aux hommes de l’ombre du son Gainsbourg


On ne consulte pas cette bible d’une seule traite, on la déguste tout en apprenant beaucoup de choses sur le rôle du compositeur, son interaction avec le chanteur et la conception du disque en soi. Quand le contrebassiste Francis Darizcuren, autre musicien à la carrière étoilée, ainsi que le batteur André Arpino racontent la séance d’enregistrement de Bonnie Clyde (page 212), ça vaut véritablement son pesant d’or. Au fil des chapitres, vous allez aussi croiser la figure emblématique du chef d’orchestre et compositeur Michel Colombier (Wings), Jean-Pierre Sabar et bien plus tard, l’équipe britannique qui viendra se greffer à Love on The Beat. Plus qu’un beau livre, c’est un travail monumental qui rend hommage aux hommes de l’ombre qui conçurent le son Gainsbourg.


Christophe Rodriguez : rod.chris@hotmail.com

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.

 

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