
En cette période de non-festival, quelle soit jazz, classique ou autre, la chronique d’un disque nous rappelle de beaux souvenirs. Comme celle-ci du Hank Jones Trio intitulé Live at Jazzhus Slukefter Vol. 2.
Hank Jones – une carrière marquée d’une extraordinaire longévité
Lors de l’une de ses multiples participations au Festival International de Jazz de Montréal, j’eus la chance de rencontrer et de réaliser une entrevue avec ce grand pianiste que fut Hank Jones (1918-2010). Frère aîné de la fratrie des Jones (Elvin – batterie et Thad – trompettiste/chef d’orchestre), sa carrière fut marquée par une extraordinaire longévité. En plus d’avoir discuté de ses multiples rencontres avec le gotha du jazz et pianiste de la chanteuse Ella Fitzgerald de 1947 à 1952, il m’apprit que pendant 19 ans, il fut LE pianiste et directeur musical pour la chaîne CBS (Ed Sullivan Show, I Love Lucy, etc.). Juste pour vous donner une idée, il enregistra 780 disques en tant qu’accompagnateur, et, 150 sous son nom, dont le « presque dernier » avec le pianiste montréalais Oliver Jones : « Please To Meet You » (Justin Time).
En 1982 avec le contrebassiste Mads Vindings et le batteur Shelley Mane
Comme le bon vin, et avouons-le, l’ami Hank vieillit très bien, le voici en 1982 en compagnie du contrebassiste Mads Vindings et du redoutable batteur Shelley Manne au Jazzhus Slukefter de Copenhague. Toujours alerte et truffant son répertoire de standards, mais pas toujours du Great Americain Songbook, les clins d’œil se succèdent. Comme son âge vénérable lui a permis de partager la scène avec le dictionnaire du jazz, nous commencerons cette tournée avec le Ruby My Dear de Monk. Sans jamais imiter et toujours avec ce sens inné du touché allié au swing, il rebondit en compagnie de ses complices sur cet immortel. Nous pourrions en dire autant de Moose The Mooche (Charlie Parker), ainsi que du méconnu Interlude, composition du tromboniste céleste J.J Johnson. Dans un répertoire plus récent, il emprunte au contrebassiste Eddie Gomez le très beau : The Bruise et rayon standard : All the Things You Are et l’inoubliable Emily de Johnny Mandel ajoute à la beauté de la chose.
Nous voilà une fois plus heureux et conquis.
Hank Jones, piano / Mads Vinding, contrebasse / Shelly Manne, batterie
Recorda Me – No Me Esquica / Arrival / Emily / All the Things You Are / Yours Is My Heart Alone – You Are My Hearts Delight /
Ruby My Dear / The Bruise / Interlude / Moose The Mooche
https://storyvillerecords.bandcamp.com/album/live-at-slukefter-vol-2
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.