
Si vous espériez un disque de jazz consistant, muri comme un bon vin avec des influences et beaucoup de tanin, faites confiance au trompettiste Jacques Kuba Séguin et ce Migrations. Jeudi le 27 juin (2019) au Festival International de Jazz de Montréal et vendredi le 28 juin (2019) a Québec Jazz en Juin, on se rincera l’oreille et partirons en voyage.
Migrations, le pouls de certaines influences et souvenirs
Comme toujours, le trompettiste a fouillé, échangé avec des gens, pris le pouls de certaines influences et souvenirs de connaissances ou amis comme le romancier David Homel, l’homme de radio, de jazz et écrivain Stanley Péan, la communicatrice et ancienne dame de radio Marie Lamoureux, etc. De ce matériau est sorti Migrations, une nouveauté aux parcours multiples. Pour arrimer le tout, le trompettiste s’est entouré d’une très solide équipe composée du pianiste Jean-Michel Pilc, du saxophoniste ténor Yannick Rieu, du batteur Kevin Warren, du contrebassiste Adrian Vedady et, surprise, du vibraphoniste Oliver Salazar.
Jacques Kuba Séguin nous offre sept plages autour de la note bleue
En sept plages, vous aurez amplement de quoi satisfaire votre curiosité autour de la note bleue. Après plusieurs écoutes, j’ai eu le net sentiment de me retrouver dans un club de jazz comme en fait foi la pièce Hymne avec les contributions du jeune vibraphoniste Olivier Salazar qui évoque parfois Bobby Hutcherson ou Gary Burton, le pianiste Jean-Michel Pilc, homme de jazz qui connait ses classiques et qui rend, à mon humble avis, un très bel hommage à Red Garland, et notre ami Kuba Séguin oscillant entre Miles Davis et Chet Baker, soutenu par un Yannick Rieu impérial avec comme compagnon l’âme de John Coltrane. C’est beau et avouons que cela ouvre bien le bal.
I Remember Marie In April et L’Écrivain, l’univers du Blue Note
Dans I Remember Marie In April, c’est dynamique et « up tempo », truffée de belles citations musicales (oh qu’il est coquin encore une fois le pianiste) et le trompettiste fait un sacré beau clin d’œil à Freddie Hubbard. Il ne faudrait oublier le vibraphoniste, virtuose comme pas un qui lui aussi fait un autre beau clin d’œil au regretté maître des mailloches : Lionel Hampton. Pour L’Écrivain, belle référence à notre ami Stanley Péan, pensons à l’univers du Blue Note, avec comme toile de fond, le Miles Davis des années 50.
Pour la vidéo EPK de L’Écrivain :
Voici la vidéo d’Origine que nous avions capté à Salle d’Youville du Palais Montcalm le 28 juin à Québec Jazz en Juin 2019 :
Allez, on ne vous en dit pas plus, c’est tellement beau et une grande réussite.
Hymne / Origine / L’Écrivain / Première Neige (You’re Not Alone) / Choucoune / I Remember Marie In April / Mosaïques
Jacques Kuba Séguin (direction musicale, composition et trompette), Yannick Rieu (saxophone ténor), Jean-Michel Pilc (piano), Olivier Salazar (vibraphone), Adrian Vedady (contrebasse) et Kevin Warren (batterie).
Jacques Kuba Séguin – Migrations était présenté jeudi le 27 juin (18h) à l’Astral dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal et vendredi le 28 juin (20h30) au Palais Montcalm dans le cadre du festival Québec Jazz en Juin.
Christophe Rodriguez : rod.chris@hotmail.com
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.