
Suba c’est la nouvelle musique et trio du pianiste/compositeur/chef d’orchestre cubain Omar Sosa avec le joueur de kora/chanteur sénégalais Seckou Keita et le percussionniste vénézuélien Gustavo Ovalles. Ils seront en concert dans le cadre de Nuits d’Afrique les 6-7 mai au National. Suba c’est le deuxième album d’Omar et Seckou et mets en vedette le percussionniste Gustavo Ovalles.
Pour cette occasion j’ai eu le plaisir de zoomer avec Omar qui était en mode festif sur la plage californienne (c’était sa fête il y a quelques jours) et Seckou à partir de Londres. On a discuté de Suba, leur 2ième album et la suite de Transparent Water, l’approche minimaliste d’Omar, Suba qui veut dire aube en mandingue et ce que ça représente pour Seckou, ce qu’ils aiment l’un de l’autre et ce a quoi on peut s’attendre les 6-7 mai, avec beaucoup de rires et de complicité. L’entrevue est en anglais. Voici quelques transcriptions après la vidéo.
Claude Thibault – Sur votre premier album Transparent Water l’ambiance était méditative et inspirante. Parlez-nous donc de Suba – que vous présenterez au National le 6-7 mai – votre deuxième projet et ce que ça représente pour vous deux.
Omar Sosa – La musique que nous créons, Seckou, Gustavo et moi est pleine de paix, d’espoir et d’unité. Et on donne aussi une place importante au silence et aux notes qu’on ne joue PAS. En même temps on est conscient et respectueux de nos traditions, comme la tradition mandingue de Seckou, la tradition afro-vénézuélienne de Gustavo et ma tradition afro-cubaine. Évidemment on la joue à notre façon mais on respecte toujours nos anciens et les pères qui nous on transmit cet héritage qu’on joue dans un langage contemporain d’aujourd’hui, et en plus, ça groove!
Seckou Keita – Bien dit Omar. On a tellement joué ensemble depuis 2017, en bâtissant notre expérience, en cuisinant, en riant et en jouant cette musique qu’elle a beaucoup évolué. Suba est donc le bébé, le fruit, la suite si on veux de ce qui se passe sur scène en concert après toutes ces années. Mais a mi-chemin dans ce parcours la pandémie est arrivée alors notre façon d’agir et de penser a changé et évoluer. On a réussi malgré nos horaires très chargés de créer ce Suba, qui veut dire aube en mandingue, qui est un nouveau début. Toujours en étant connecté à nos traditions comme Omar dit. On a fait ce qu’on fait le mieux et ça groove. Chaque concert est comme un nouveau repas et on est toujours excités de jouer ensemble.
Claude Thibault – Omar sur Suba tu as eu une approche minimaliste, parles-nous de ça…
Omar Sosa – En fait cette approche c’est pour laisser la place à l’espace. La meilleure note qu’on joue c’est celle qu’on ne joue pas. C’est facile de jouer beaucoup de notes mais en jouer peu et que ça sonne bien c’est autre chose. Et comme ça fait des années qu’on joue ensemble, la connexion est vraiment bonne. Des fois il (Seckou) joue une phrase et j’enchaîne avec la mienne, un peu dans la suite, et des fois on joue la même note, on se regarde et on part à rire. On respecte les notes l’un de l’autre. Quand Seckou joue une phrase je tente de l’embrasser, de la soutenir harmoniquement du mieux que je peut. Des fois l’harmonie n’y est pas et c’est mieux de jouer seul. SOLO! Pourquoi tenter de dire quelque chose qui a déjà été dit joué ? La seule chose que je peut dire avec les notes c’est : merci. Et c’est la même chose avec Gustavo aux percussions.
Seckou Keita – C’est tout à fait comme ce qui se passe ici maintenant…quand Omar parle j’écoute et je prends le relais, et toi aussi, il n’y a donc qu’un seule voix…
Claude Thibault – Seckou, Suba c’est l’aube en mandingue, la partie de la journée que vous préférez…
Seckou Keita – J’adore le début de la journée. J’ai grandi avec mon grand-père et on se levait tôt pour plusieurs raisons. Il y a le fait que tout ce qu’on fait tôt le matin demeure dans notre esprit toute la journée, on est comme imprégnés, l’autre est qu’on priais le matin et peu importe vos croyances pour moi ça signifiait un nouveau départ, une nouvel horizon. Quand on se lève le matin et qu’on s’est pas ce qui va se passer mais qu’on a un sourire aux lèvres on a l’espoir qu’il y aura de le joie, de la paix, de l’unité, et de la compassion avant le coucher de soleil.
Claude Thibault – Seckou qu’est-ce que tu aimes le plus de jouer avec Omar ?
Seckou Keita – Wow, le mot dit tout. La sécurité est également quelque chose qui me vient à l’esprit. Pas dans le sens sécuritaire mais que tout va bien aller avec Omar et Gustavo et que la musique sera très bonne. On sera dans un environnement de support par ces musiciens qui me connaissent très bien. Le plaisir que nous parteageons, c’est au delà de chacun et une grande connection. Pas de soucis d’arrangements ou d’improvisations, c’est pas compliqué, on va au concert et on joue.
Claude Thibault – Omar qu’est-ce que tu aimes le plus de jouer avec Seckou ?
Omar Sosa – Seckou je t’adore! Tu as déjà tout dit ! Quand on joue avec des bons MUSICIENS on a peu à dire et on espère que tout aura lieu dans une ambiance spirituelle, de beauté et de joie ainsi que de lumière. C’est très important la lumìère qui est partagée car comme on n’est que des humains, par exemple quand le voix de Seckou est fatiguée après une vingtaine de concerts et quand on se lève à 3 h du matin quand on entends la lumière dans la voix de ton frère, ça y est…
Les onze titres qui composent Suba sont liés par des thèmes communs, tissés tout au long de l’enregistrement. Les chansons parlent d’amitié et de connexion spirituelle, de voyage et de perte, d’espoir et d’optimisme, de danse et de mer… et, bien sûr, d’un nouveau lever de soleil.
Kharit / Allah Léno / KoraSon / Drops of Sunrise / Gniri Balma / Voices on the Sea / 2020 Visions / Rei’s Ray / Maam / Floating Boat
/ No One Knows
Suba Trio @ National – 6 et 7 mai
Omar Sosa, piano
Seckou Ketia, kora et voix
Gustavo Ovalles, percussions
omarsosa.com
seckoukeita.com
gustavo-ovalles.com
1ière partie : Romain Malagnoux (France-QC)
Samedi le 6 mai @ 20 h – l’événement FB
Dimanche le 7 mai @ 20 h – l’événement FB
Le National / 1220 Ste-Catherine E.
Une production Nuits d’Afrique
Claude Thibault – éditeur
C’est pour soigner son blues post-FIJM 2002 (après toute cette extravagance musicale le quotidien en prenait un coup!) que Claude lançait le 1e janvier 2003 la toute première version de sortiesJAZZnights.com. 20 ans et quelques versions plus tard l’aventure et la mission de faire connaître le jazz d’ici et d’ailleurs se poursuit!