Marianne Trudel – À pas de loup, Quiet sounds for a loud world / Dédé Java Espiritu / Time Poem : La joie de l’éphémère

Marianne Trudel lance trois albums

À ma connaissance, sauf dans le cas de coffrets, c’est la première fois que nous écrivons sur trois nouveautés d’une artiste encore bien vivante. Pour célébrer ses 20 ans de carrière, la pianiste Marianne Trudel lance trois albums : À pas de loup, Quiet sounds for a loud world / Dédé Java Espiritu / Time Poem : La joie de l’éphémère.




À pas de loup, Quiet sounds for a loud world


Plus qu’un piano, c’est une ouverture à son univers qui se décline en 11 plages toutes douces, « tripattives » comme aurait si bien dit le regretté Jacques Languirand. Du jazz pas tout à fait, disons un système cosmique, planant ou la pianiste utilise aussi des bongos, un harmonium, le tout sur des modes d’improvisation qui font beaucoup penser à cette veine néo-classique que nous entendons depuis quelques années. Une particularité un peu hors du temps qui s’adresse à toutes et celles qui voudraient s’offrir à peu de frais, un baume pour l’âme.



Marianne Trudel – piano


Dédé Java Espiritu


Avec le batteur américain John Hollenbeck, nous sommes dans un tout autre registre. Dédé Java Espiritu fait la part belle au jazz, comme aux grandes heures de Bill Evans ou Keith Jarrett. Avec ce maître des accompagnements et du dialogue, Marianne Trudel a trouvé un complice parfait tel que vous pourrez le constater en écoutant La nature avant tout. Une composition qui a de l’âme et qui fait un peu le pont entre les différents langages du jazz, des époques ainsi que ceux qui en ont tracé de vénérables sillons. Tandis, que Le sol et la terre, s’inscrit dans un courant très moderniste qui évoque le travail des paysans et de cette terre bien trop malmenée. Avec Nature Speaks : la lenteur, voici encore un très bel exemple de collaboration qui sert d’écrin au jeu fin ainsi que sensible de Marianne Trudel. Il faut du temps pour apprivoiser ce dialogue non linéaire, mais nous sommes certains que les passions de musique tous azimuts y trouveront amplement leur compte.



Marianne Trudel – piano
John Hollenbeck – batterie et percussions


Time Poem : La joie de l’éphémère


Et pour conclure, l’art du trio selon Marianne Trudel puisqu’elle a convié le contrebassiste Rémi-Jean LeBlanc. L’inspiration est constante, alimentée par différents modes. En dix plages personnelles, la table est mise pour une rigueur « jazzizitique » sans poudre aux yeux. La surprenante cohésion me fait penser aux belles heures du pianiste Ahmad Jamal tel qu’il les concevait dans Live At The Pershing. Il faut juste deux plages Ce qu’on laisse et La joie de l’éphémère pour nous convaincre de l’intelligence du travail. Tout est calibré avec des phrases qui respirent enveloppées d’un sentiment de quiétude bienfaisante. Écoutons aussi ; Le réveil des rivières. Avec trois brins de Fender Rhodes, que d’éclair et de bonheur disséminé en 4 minutes et des poussières ! Je pense sincèrement que c’est le plus beau des trois disques. Un régal qui se glissera très bien, comment cadeau de Noël pour tout amateur de jazz et plus.



Marianne Trudel – piano
John Hollenbeck – batterie et percussions
Rémi-Jean LeBlanc – contrebasse


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Christophe RodriguezChristophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.



Marianne Trudel – 3 albums et 20 ans de carrière

 

 

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