
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies très vites effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants » Marcel Pagnol
Eh oui, en prenant l’écrivain Marcel Pagnol aux antipodes, il faudra raconter l’histoire de Vic Vogel aux générations futures. Dans la vie d’un chroniqueur musical, il y a des moments plus difficiles que d’autres, soit celui d’écrire sur un ami, chef d’orchestre Vic Vogel et homme du tout Montréal qui vient de disparaitre. Nous le savions malade depuis quelques années, mais Viktor Vic Vogel s’est battu jusqu’à la fin. Bien avant mon entrée dans le grand monde des médias et une couverture assidue du Festival International de Jazz de Montréal ou Vic fut un des piliers avec son orchestre rutilant gorgé de swing, il m’accorda ma première entrevue. Aimable, parce que j’étais jeune, avec un manque évident de connaissances, le « blanc bec » se fit servir une histoire du jazz en accéléré en commençant par Duke Ellington (son mentor et idole), Count Basie, Stan Kenton, bref, la Sainte Trinité!
Ses petits gars, son orchestre.
Au fil des ans, Vic Vogel est devenu un ami, celui que l’on va voir comme un frère, toujours souriant et accueillant pourvu que le jazz soit présent. Grâce à son ange gardien Bob Pover qui aura été présent jusqu’à ses derniers instants, j’ai pu partager des moments privilégiés, comme ce voyage à Rimouski. Le plus petit des grands festivals de jazz, le Festi Jazz international Rimouski, dévoilait il y a quelques années un prix Vic Vogel. De cette ballade unique autant par les anecdotes que la passion du jazz, le plus tout jeune chroniqueur en garde des moments impérissables.
En plus de cinquante ans, Vic Vogel aura été de toutes les aventures avec ses petits gars et son orchestre. De l’inauguration de Terres des Hommes à la clôture des Jeux Olympiques de Montréal où il avait invité son compatriote, le trompettiste Maynard Ferguson, sa carrière aura été riche et mouvementée. Il faut aussi se souvenir de son travail comme chef d’orchestre avec le réalisateur Jacques Cossette (Feu Vert, Multipistes), autre pilier radiophonique, et de l’écriture que fit encore Vic pour le Théâtre des Variétés de Gilles Latullipe. Il nous revient aussi les heures du Grand Café où il officiait. Ensuite il y a la fulgurante aventure d’Offenbach en Fusion, magnifié par Gerry Boulet et le rutilant Jazz Big Band, la rencontre new-yorkaise ou Vic annonce un Phil Dubois, soit le saxophoniste alto Phil Woods. Au cœur de cette aventure, nous retrouvions ses petits gars et son orchestre, comme le fit Duke Ellington avec sa formation de corsaires. Vic, c’était une vie dans le jazz, un cœur en or massif, une mémoire qui disparait, et celle des nuits de Montréal comme le chantait si bien Jacques Normand.
Un titre résume la carrière de Vic Vogel, elle est de son mentor Duke Ellington : « It Don’t Mean a Thing If You Ain’t got That Swing ».
En terminant, voici quelques-uns de nos récentes vidéos de Vic Vogel :
En quartette au Festi Jazz Mont-Tremblant 2011, c’est ici
En solo au Festi Jazz Mont-Tremblant 2012, c’est ici
En formation Big Band au Festival International de Jazz de Montréal 2014 (un de ses derniers concerts), c’est ici
Salut l’artiste et merci mille fois!
Hommage du Festival International du Jazz de Montréal à Vic Vogel avec son Big Band et ses amis
Lundi le 21 octobre 20h à L’Astral – entrée libre (mais il faut réserver son billet)
305 Sainte-Catherine O. / Mtl
L’événement sur Facebook
Christophe Rodriguez (rod.chris@hotmail.com)
One Response
Pour bien connaître Vic, il faut lire : Vic Vogel, histoires de jazz, par Marie Desjardins.