Jazzlab Orchestra – Glissement du temps (2026)


Cela fait vingt ans le Jazzlab Orchestra fondé par le contrebassiste montréalais Alain Bédard existe. Creusant le sillon jazz, ne se contentant jamais de la première offrande venue, ni des modes, L’ami Bédard offre ave ses complices un jazz de très haute tenue. Dans Glissement de temps (2026), le fondateur et ses corsaires, une dizaine en tout, proposent un paysage élaboré et ciselé qui nécessite une certaine période d’adaptation pour une oreille disons profane.




L’esthétique de Glissement du temps (2026) nous invite à une approche très contemporaine


L’esthétique de Glissement du temps se rapproche de près de l’époque légendaire de Gil Evans et nous invite à une approche très contemporaine, souvent avec beaucoup de muscle et d’inventivité. Il faut la déguster lentement, sans que toutefois cela soit académique. Les musiciens et musiciennes nous invitent à découvrir un travail exigeant, comme vous pourrez le constater avec la première composition : Thanks Collier. Pendant sept minutes, les musiciens et musiciennes s’aventurent dans des tonalités et tempos, sans jamais sombrer dans une note bleue qui perdrait tout son sens.


Murs de verre – le dernier enregistrement Mario Allard – tout est joué avec une finesse exceptionnelle


Donc, un aéropage remarquable qui capture parfaitement l’essence de ce qui se définit comme « anciens » et « modernes » dans le jazz montréalais. La composition Murs de verre est le dernier enregistrement du saxophoniste Mario Allard. Tout y est joué avec une finesse exceptionnelle, sublimé par la trompette de Jacques Kuba Séguin. On y entend non pas une, mais plusieurs mélodies, teintées d’une pointe de mélancolie.




La mule – captivante et inventive


Nous terminerons avec l’étrange création, La mule. S’inscrivant entre les ateliers du contrebassiste Charles Mingus et la science du compositeur Gil Evans, il est impossible de ne pas établir de parallèles. L’atmosphère résolument moderne s’étend comme une musique de film, captivante et inventive.




Jazzlab Orchestra – les musiciens et musiciennes


Nous rencontrons le regretté saxophoniste Mario Allard, qui nous a quittés beaucoup trop tôt, ainsi que la saxophoniste soprano, alto, et ténor Annie Dominique, la saxophoniste soprano/ténor Claire Devlin, les trompettistes Jacques Kuba Séguin et Nicolas Riverin, le tromboniste Thomas Morelli-Bernard, les pianistes François Bourassa et Marie-Fatima Rudolf, le batteur Michel Lambert, le saxophoniste ténor Michael Johancsik et, bien sûr, le maître des lieux, Alain Bédard, à la contrebasse.


Glissement du temps (2026) du Jazzlab Orchestra @ Dièse Onze (30 avril)


1e rangée de g. à d. :

Thomas Morelli-Bernard – trombone
Michel Lambert – batterie
Alain Bédard – contrebasse
Claire Devlin – saxophones soprano, ténor

2e rangée de g. à d. :

Erik Hove – saxophone alto, flûte
Mario Allard – saxophones alto, baryton
Marie-Fatima Rudolf – piano
Jacques Kuba Séguin – trompette

3e rangée de g. à d. :

Michael Johancsik – saxophone ténor, flûte
Nicolas Riverin – trompette
François Bourassa – piano
Annie Dominique – saxophones alto, soprano, ténor, baryton


Thanks Collier / Amigos / Murs de verre / Outer Chamber / Night Bus / EMT / Turbulence / Celestases / La Mule / Le Septième Continent



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Christophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique culturelle a La Métropole et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.

 


Crédit photo: Albe


Jazzlab Orchestra et Greg Lamy @ Repentigny (9 déc)

 

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