
Depuis 2013, la magie s’opère lorsque le pianiste Chris Illingworth, le batteur Rob Turner et le bassiste Nick Blacka jouent ensemble et, avec les 4 singles récemment parus (un avant-goût de leur album éponyme à venir), le trio britannique GoGo Penguin ne déroge pas à la tradition : ils nous ont, encore une fois, pondu de beaux petit bijoux!
Assumer l’inclassable GoGo Penguin
La musique de GoGo Penguin a toujours défié les genres : jazz, trip hop, classique, rock, expérimental ou électronique : on en débat encore…Dans cet ensemble de pièces extraites de l’album à venir, même si on décèle des influences de jazz scandinave (pensez Esbjörn Svensson Trio), du carrefour flou des genres émane un style bien affirmé. L’inclassable est assumé, car c’est clairement signé GoGo Penguin, d’où le nom de l’album à venir que j’avoue attendre impatiemment après avoir dévoré ces 4 pièces encore et encore.
Maturité et liberté transparaissent
Ce qui frappe dans ces quatre pièces, c’est de ressentir une maturité, une unité et, surtout ,une liberté encore plus grande que d’habitude dans leur expression musicale. Les pièces n’ont pas de structure conventionnelle mais font plutôt penser à des suites qui vont là où elles le souhaitent, s’arrêtant naturellement, parfois abruptement, mais toujours avec élégance. Ce ressenti est décuplé dans les pièces F Maj Pixie et Kora et c’est jubilatoire, d’autant que cela est couplé à une poésie indéniable. Les paysages sonores de chacune des pièces transportent vers des sphères où on ne sait si on doit méditer, pleurer de joie ou se laisser transporter dans un état transcendantal.
Recréer l’électronique acoustiquement
Dès la première écoute se rend-on compte que le son de GoGo Penguin est bien plus grand que ce que l’on imaginerait possible venant d’un trio, et cela vient probablement de la façon dont ils créent leur musique. Le trio britannique a déclaré qu’ils avaient composé toutes les pièces ensemble, partant d’une idée de base et la développant électroniquement en utilisant des logiciels comme Ableton, puis en recréant le tout acoustiquement.
GoGo Penguin : Une profondeur hypnotique
Les paysages sonores qui résultent de ce processus ont toutes une profondeur hypnotique et le jeu savant des musiciens vient agrémenter le tout. Les notes du piano d’Illingworth sur F Maj Pixie et Kora sont aussi délicates que la rosée du matin sur des pétales de fleurs. Atomised porte bien son nom et pourrait être un voyage d’exploration dans l’infiniment petit au niveau atomique, au rythme des beats de Turner.
À l’issue des quatre titres, ma seule envie est de retourner à la première pièce et de crier Don’t Go pour qu’ils ne cessent jamais de jouer et qu’on revienne à cette pièce d’ouverture remplie d’émotions avec une mélodie de basse semi-improvisée sur un riff de piano répétitif. GoGo Penguin réussit à nous propulser dans un univers bouillonnant de proto pensées.
Alors avec déjà tant de bonheur, que nous réserve l’album complet ?
Don’t Go / F Maj Pixie / Kora / Atomised
Chris Illingworth, piano / Nick Blacka, contrebasse / Rob Turner, batterie
crédit photo groupe : Jon Shard
crédit photo concert : Robert Wetzlmayr
Chrystelle Maechler : maechlerchrystelle@gmail.com
Au fil des années Chrystelle a présenté le bon plan jazz ainsi que plusieurs grandes entrevues et nous fait maintenant découvrir les albums jazz aux influences urbaines tels le nu-jazz, le soul-jazz, ses sous-genres et autres découvertes. Elle est également vocaliste et parolière connue sous le nom de SOA ainsi que réalisatrice et productrice à la télévision et à la radio.