
Fletcher Henderson & His Orchestra – Les trompettes de Fletcher 1923-1941, c’est 71 plages sur 3 disques compacts qui nous plongent au cœur de la Nouvelle-Orléans de la compagnie de disques Fremeux et Associés.
Le tour de force de Fletcher Henderson : les trompettistes Louis Armstrong, Roy Eldrige et Rex Stewart
Six ans et des poussières après le premier enregistrement sur acétate d’une formation jazz (Original Dixieland Jazz Band en 1917), les premiers grands orchestres voyaient le jour. Si tout cela peut sembler de l’histoire ancienne ou lointaine, il faut pourtant réécouter Erskine Hawkins, Benny Moten, Jimmy Lunceford et bien entendu Fletcher Henderson. Ce dernier à réussi le tour de force d’avoir pris dans ses filets trois trompettistes : un tout jeune Louis Armstrong, ainsi que Roy Eldridge – le chaînon entre le roi Louis et Dizzy Gillespie – et Rex Stewart, qui fit les belles heures de la formation Ellington, et le saxophoniste Coleman Hawkins.
Fletcher Henderson, une personnage complexe, paradoxal, intraitable et laxiste
Chez Frémeaux et Associés, petite compagnie de disque qui au fil des décennies cultive l’art du savoir-faire ainsi que de certaines trouvailles archéologiques, nous voici en possession d’un morceau fort important de la note bleue. Comme l’écrivent si bien le tandem Laurent Verdeaux / Didier Périer dans les notes du livret : « Personnage complexe et même paradoxal, intraitable sur l’exécution, mais laxiste quant à la discipline, gestionnaire limite j’m’en foutisme mais croulant sous les engagements, Fletcher Henderson fut le temps de deux décennies à la tête d’une formation que ceux qui l’ont entendue s’accordent pour la plupart à considérer comme la plus forte impression musicale de leur existence et, bien souvent, comme la meilleure de tous les temps ».
71 plages au cœur de la Nouvelle-Orléans
En réécoutant toutes ces plages avec le son d’époque qui donne un charme suranné à cette grande formation, nous sommes au cœur de la Nouvelle-Orléans avec des « décoctions » qui se multiplient selon les humeurs du chef et de ses musiciens. Certes, c’est un peu carré, mais le swing bien présent nous fait imaginer les danseurs du samedi soir venus s’encanailler sur My Pretty Girl (2e vidéo du texte) et Alabama Stomp avec en vedette le trompettiste Rex Stewart qui annonce déjà ses couleurs. Le tout jeune roi Louis qui va paver la voie à nombres de trompettistes est à redécouvrir dans The Meanest Kind of Blues ou nous l’entendons parfaitement ainsi que dans Shanghaï Shuffle (3e vidéo du texte)…tendez bien l’oreille.
Un grand orchestre au swing roboratif
Nous croisons aussi Roy Eldridge, trompettiste virtuose dont le mordant fait le bonheur du chef d’orchestre et de ses complices. Dans Shoe Shine Boy, il se révèle aussi chanteur et dans You Can Depend On Me (1e vidéo du texte), il appose le sceau Eldridge par de fulgurants traits. Un grand orchestre au swing roboratif, des arrangements qui firent école grâce à Don Redman, alors quoi demander de mieux?!
Chef d’orchestre : Fletcher Hendeson
Les trompettes : Louis Armstrong, Joe Smith, Tommy Ladnier, Rex Stewart, Roy Eldridge et Bobby Stark + Jimmy Harrison : trombone / Bessie Smith : voix / Coleman Hawkins : sax / Ethel Waters : voix / Don Redman : clarinette, saxophone
DC 1 – 1923-1926 : Gulf Coast Blues • Charleston Crazy • Chicago Blues • Weeping Willow Blues • Jelly Bean Blues • Shanghaï Blues • The Meanest Kind of Blues • Screamin’ The Blues • Railroad Blues • Shipwrecked Blues • Cake Walking Babies • Money Blues • Sugar Foot Stomp • What-Chat-Cha-Call’Em Blues • TNT • Tell’Em About Me • Chain Gang Blues • Nobody’s Rose • I’ve Found A New Baby • Baby Doll – The Stampede • Jackass Blues • Alabama Stomp • Young Woman’s Blues
DC 2 – 1927 : Henderson Stomp • The Chant • Clarinet Marmalade • Senegalese Stomp • Sweet Thing • Baby, Won’t You Please Come Home • Some Of These Days • Snag It • Stockholm Stomp • Alexander’s Ragtime Band • Trombone Cholly • Hot Springs Blues • Fidgety Feet • Sensation-Stomp • Wabash Blues • The Wang Wang Blues • St. Louis Shuffle • P.D.Q. Blues • Livery Stable Blues • I’m Coming Virginia • The St. Louis Blues • Goose Pimples • Dyin’ By The Hour • Hof Off
DC 3 – 1928-1941 : King Porter Stomp • Oh, Baby! • Feelin’Good (De Rain or Shine) • I’m Feelin’ Devilish (Oh By Golly Ho) • My Pretty Girl• Sugar Foot Stomp • I’m Crazy About My Baby (And My Baby’s Crazy ‘Bout Me) • Just Blues • Singin’ The Blues (Till My Daddy Comes Home) • The House of David Blues • Singin’ The Blues • Sugar • Minnie The Moocher Wedding Day (The Anniversary Of) • Shanghaï Shuffle • Grand Terrace Swing • Blue Lou • Stealin’ Apples • Shoe Shine Boy • You Can Depend On Me • Shufflin’ Joe • Ain’t Misbehavin’ • Let’s Go Home • Casey Stew
Autres artistes sur ces trois DC : Clarence Williams, Fletcher Henderson, Porter Grainger, Paul Biese, Paul Carter, Ma Rainey, Gene Rodemich, Louis Katzman, Maggie Jones, Trixie Smith, Spencer Williams, Paul Leader, King Oliver, Steve Roberts, Paul Schoebel, Sidney Easton, Thomas Dorsey, Rose, Bessie Smith, Art Kassel, Henry Creamer, Mel Stitzel, Larry Shields, Todd Clarence, Ralph Williams, Charles Warfield, Shelton Brooks, Joe Oliver, Jack Pettis, Irving Berlin, Nick Larocca, Eddie Edwards, Fred Meinken, Henry Busse, Alcide Nunez, Donald Heywood, Handy William, Jo Trent, Jelly Roll Morton, Owen Murphy, Maceo Pinkard, Charles Fulcher, Alex Hill, Con Conrad, Elmer Schoebel, Jimmy Mchugh, George Meyer, Harold Arlen, Fernando Arbello, Edgar Sampson, Thomas Waller, Saul Kahn, Henderson Horace , Waller Thomas.
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.