
J’ai discuté avec le saxophoniste Rémi Bolduc, qui sera en concert au 43e FIJM avec son invité et fidèle collaborateur le saxophoniste américain Jerry Bergonzi, ainsi que Marie-Fatima Rudolf, Ira Coleman et Jim Doxas le 29 juin @ Studio TD. C’est toujours intéressant de discuter avec Rémi. Voici donc l’entrevue vidéo sans montage et la transcription de l’entrevue.
Claude Thibault : Rémi, félicitations pour Les Esprits Oubliés, ton 11e album (wow) et cette 2e collaboration avec le saxophoniste Jerry Bergonzi. De tous les saxophonistes avec qui tu a partagé la scène qu’est-ce qui rends cette collaboration si intéressante ?
Rémi Bolduc : Pour moi Jerry Bergonzi c’est un des meilleurs saxophonistes vivant. On parle souvent de lui comme le musicien des musiciens parce qu’il est vraiment d’un niveau très élevé. Un son, une originalité, son harmonie, son sens mélodique, un musicien vraiment complet. Pour moi jouer avec lui c’est jouer avec un maitre, mais toujours très actif malgré ses 75 ans avec beaucoup de tournées…il joue beaucoup. C’est très inspirant de jouer avec lui et c’est devenu un ami au fil des années. Il me soutient beaucoup dans ma démarche. Donc quand j’ai fait ce projet (Les Esprits Oubliés), une musique que j’ai composé pendant la pandémie et en fait Les Esprits Oubliés c’est les gens qu’on a perdu pendant la pandémie, surtout les personnes âgées, la pièce avec été écrite dans ce sens. Beaucoup des pièces sont évocatrices de cette période comme Confinement Forcé, La Petite Marche, qui était la marche avec mon chien après le couvre-feu, Au Jour Le Jour, donc c’est la musique qu’on va présenter au FIJM le 29 juin.
Claude Thibault : Quand tu écris avec Jerry Bergonzi en tête est-ce que ton écriture diffère ?
Rémi Bolduc : Tout à fait. Quand je pense à l’instrumentation, entre autres vu que c’est un saxophoniste tenor/alto, et aussi le style de Jerry. Il y a des pièces qui sont influencées par des systèmes harmoniques qu’il avait partagé avec moi et au niveau de son style. Je lui aurai pas présenté de la musique comme mon projet Random Masters qui est vraiment un autre style, une autre approche, un autre genre de joueurs ou encore Cote d’Écoute avec John Roney au piano qui était très à l’aise avec ces partitions quasiment de style classique. J’ai écrit une pièce récemment, un compo pour André Moisan à la clarinette pour un projet de quatuor à cordes, donc pour revenir à Jerry, oui j’ai écrit pour lui et pour qu’il soit à l’aise.
Claude Thibault : Et pendant la pandémie tu étais actif ?
Rémi Bolduc : Oui j’ai beaucoup écrit, travaillé, pratiqué, j’étais pas déprimé chez moi. En fait sur YouTube on peut retrouver les transcriptions des solos de Charlie Parker, j’en ai plus de 500 et pendant la pandémie j’en faisait une ou deux par jour. En fait le FIJM va présenter cette année un musée du jazz cette année et il va y avoir une des mes transcriptions d’un concert épique du festival.
Claude Thibault : Parlant de transcriptions, tu est connu pour transcriptions de solos de Charlie Parker, t’a publié des livres sur ça il me semble ?
Rémi Bolduc : En fait les livres que j’ai sorti sur remibolduc.com, ce sont des livres sur l’éducation dans la sens de la pédagogie, l’éducation, mais j’ai pas encore mis de livre de transcriptions sauf celles de mon dernier album. Je viens d’en terminer un cette semaine sur les pièces du dernier album de Jerry Bergonzi mais qui est pas encore sorti, alors j’ai transcrit tous les solos et j’ai fait un livre que je vais publier en même que son album. J’en ai beaucoup mais la je suis en train de regarder pour les droits d’auteur pour les solos de Charlie Parker et c’est pour ça que je publie pas rapidement mes transcriptions.
Claude Thibault : Présentes-nous les autres musiciens du 29 juin…
Rémi Bolduc : Marie-Fatima Rudolf au piano, Ira Coleman à la basse, Jix Doxas à la batterie. Pendant la pandémie on répétait chez Jim Doxas en distanciation, je connaissais Marie depuis longtemps mais on n’avait jamais encore collaboré c’était donc l’occasion. Jim ça fait plusieurs années qu’on joue ensemble, un batteur très versatile qui peut dans différents styles et qui a joué avec Oliver Jones, Dave Douglas et Christine Jensen. Ira Coleman qui est arrivé à Montréal il y un an et demi pour enseigner à McGill, un contrebassiste d’origine européenne mais qui vit à NY depuis quelques années et qui a joué avec Tony Williams et Sting. Il était chez moi il y a quelques jours et il m’a montré une vidéo de lui avec Herbie Hancock et Tony Williams. Il a joué avec vraiment beaucoup de monde. Il a joué à Montréal avec Archie Shepp. Et évidemment Jerry Bergonzi, notre invité spécial de Boston qui a eu toute une carrière avec une cinquantaine d’albums qui est quelqu’un qui faut entendre une fois dans sa vie et comme il a 75 ans…
Claude Thibault : Qu’aimerais-tu dire de plus à nos lecteurs sur ce concert du 29 juin ?
Rémi Bolduc : C’est un cadeau que je me suis fait d’ammener Jerry ici à Montréal une fois de plus. Je veut partager l’amour de la musique avec le public, la musique c’est la grande passion de ma vie, j’ai toujours été musicien. J’ai commencé à gagner ma vie à l’âge de 15 ans et j’ai maintenant 61 ans. Et c’est d’ailleurs pour célébrer ce 61ème qui était le 17 juin. Donc partager ma musique, l’improvisation, le moment présent et rencontrer les gens, et l’album que j’aurai en main…et rencontrer Jerry Bergonzi.
Notre critique Les Esprits Oubliés
Rémi Bolduc Jazz Ensemble avec son invité Jerry Bergonzi jouent Les Esprits Oubliés
Rémi Bolduc – saxophone alto
Jerry Bergonzi – saxophone ténor
Marie-Fatima Rudolf – piano
Ira Coleman – basse
Jim Doxas – batterie
Jeudi le 29 juin @ 18 h
Présenté dans le cadre de la série Entrée Libre TD @ Studio TD – premier arrivé premier servi