
KingButch est un très bon projet de jazz-hop, jazz-funk et jazz fusion, par un jeune groupe aux formules grooves solides taillées par leur expérience, Butcher Brown. À l’intro Fonkadelica (peut-être un clin d’œil au légendaire groupe Funkadelic), on est immédiatement plongés dans un univers funky plein de soul et de surprises.
Broad Rock
Écoutez Broad Rock, aux arrangements colorés de trompette à la sourdine et saxophone par-dessus des lignes de guitares funky et accords saccadés de guitare soul. On entend sur ce morceau que les lignes de basse sont un énorme fort de plusieurs pistes de l’album. Le pocket de la batterie avec la basse est très plaisant à écouter.
Love Lock
On sent vraiment à travers le son de cet opus que Butcher Brown est un groupe très à l’aise en studio. La prise de micros de batterie, les sons de guitares ou encore le mix général sont très contrôlés. Et ça sonne franchement super bien. Écoutez la production de Love Lock, par exemple. KingButch est pour moi de l’un de mes albums favoris de 2020 en termes de pré-production et post-production. Le son du projet est clair, lustré et balancé, mais sans perdre d’énergie et de dynamique.
Frontine et Cabbage
En plus de la production et des moments rap, ne vous trompez guère ; les musiciens de Butcher Brown sont des improvisateurs jazz aguerris. Frontline contient un superbe solo de saxophone ténor, et on peut entendre un magnifique solo de clavier rhodes dans Cabbage.
Je tiens aussi à mentionner la pochette de l’album, que je trouve magnifique. Elle a été réalisée par le fameux artiste Lou Beach, qui a également conçu la légendaire pochette de l’album Heavy Weather de Weather Report (1977).
Gum In My Mouth et Hopscotch (-
Sur un ton malheureusement plus capricieux, un morceau que j’ai moins bien digéré malgré plusieurs écoutes est Gum In My Mouth, dans lequel le synthétiseur jouant des mélodies s’agence mal avec la guitare acoustique et le beat de batterie trap, le tout créant une combinaison un peu étrange et inconfortable. Le court morceau Hopscotch me parait également bruyant et incohérent.
KingButch : 50 ans d’histoire de musique américaine
En résumé, #KingButch est un album très coloré et moderne, sur lequel on entend hip-hop classique, jams funk, disco, trap, rock américain, jazz électronique et improvisations jazz. Un album très contemporain qui résume et digère de façon créative 50 ans d’histoire de musique américaine. Seul pépin et que l’album a été enregistré et réalisé en deux semaines seulement, et ça s’entend. Butcher Brown fait la majorité de ses projets très rapidement. Par la grande maîtrise de leurs instruments, leur jeu en groupe très interactif et excitant ainsi que leur contrôle du studio, je crois que s’ils prenaient plus leur temps,
Prendre son temps…
#KingButch aurait pu être un meilleur album. Il y a cependant du mérite dans la spontanéité ; c’est quelque chose que j’adore en concert. Par contre, pour un album, qui immortalisera l’héritage de ses créateurs pour toujours dans les archives collectives, je crois que cela vaut la peine de prendre plus son temps en studio pour rôder le matériel musical et les éléments de la production.
Les 4 premiers morceaux de cet opus sont extrêmement forts, mais à mon avis le reste de l’album peine à garder l’énergie catchy et pleine de confiance établie par les quatre premières pistes.
Butcher Brown c’est…
DJ Harrison : producteur et clavieriste / Tennishu : trompette et saxophones / Morgan Burrs : guitare / Andrew Randazzo : basse / Corey Fonville : batterie
Fonkadelica / KingButch / Broad Rock / Cabbage (DFC) / Gum In My Mouth / Frontline (Intro) / Frontline / 1992 / Love Lock / Hopscotch / Tidal Wave / For The City / IDK
https://butcherbrownmusic.bandcamp.com
Alex Muscalu : alexandre.muscalu@mail.mcgill.ca
Alex Muscalu est une guitariste actif sur la scène musicale de Montréal et du Québec, branché sur les nouvelles tendances en jazz. Tout en poursuivant ses études à l’Université McGill il souhaite nous communiquer son amour de la vie et des gens à travers la musique. Pour lire les autres chronique d’Alex, c’est ici