
Plus qu’un cadeau, cette nouveauté est une bénédiction. En 1993, le Festival International de Jazz de Montréal (FIJM) invitait le saxophoniste franco-américain Barney Wilen. Ce dernier, trop tôt disparu (59 ans) fut l’un des piliers d’Ascenseur pour l’Échafaud (Louis Malle), Un Témoin dans la Ville (Édouard Molinaro), Les Liaisons Dangereuses (Roger Vadim), sans oublier ses collaborations avec le gotha du jazz.
Barney Wilen – des souvenirs impérissables du 4 juillet 1993 au FIJM
Jamais enfermé dans un style ou presque, cultivant une sonorité unique, encore plus au soprano, il laissa dans la mémoire de votre
chroniqueur des souvenirs impérissables. Lors de son passage à Montréal, nous étions là pour le concert de 22 h, le 4 juillet 1993 au Gesù, mais il y eut aussi un autre concert à 20 h que le saxophoniste avait également enregistré selon son fils Patrick Wilen avec qui nous eûmes une longue conversation des plus passionnantes. Retrouver par les voies d’Internet le fils de cet immense musicien ne faisait que rajouter au bonheur de votre chroniqueur.
NDLR : Aucune vidéo du duo au FIJM 1993 existe, voici tout de même l’enregistrement de la pièce All The Things You Are sur Soundcloud, gracieuseté du label Elemental Music et une vidéo de Barney Wilen en 4tet sur No Problem.
Deux concerts subséquents enregistrés
Nous avons donc appris que le saxophoniste a enregistré les deux concerts, d’où la somme du travail que vous allez tenir entre vos mains et glisser inévitablement dans votre lecteur. Suite à notre échange en exclusivité pour sortiesJAZZnights.com, ce doublé mets un baume sur la perte estivale du FIJM, pour cause de pandémie évidemment. Nous sommes donc en présence d’un morceau d’histoire. En compagnie de son fidèle complice, le pianiste Alain Jean-Marie, le grand Barney Wilen revisitait une série de standards que nous gardons en mémoire. Entre l’infinie douceur, le swing et la poésie, ce retour dans le temps vaut son pesant d’émotions.
‘Round Midnight, No Problem, My Funny Valentine
Les choix ne manquent pas, entre la relecture de ‘Round Midnight, l’incontournable No Problem, lié à la période Art Blakey ou My Funny Valentine, hommage évident au regretté trompettiste Chet Baker. En deux disques compacts, deux concerts dont la prestation fut à peu près identique, avec en prime, une répétition incluse pour la composition No Problem du tandem Neal Heafti/Duke Jordan, nous sommes plus que gâtés. Aux collectionneurs, amoureux du jazz et des perles qui ont jalonné le FIJM (merci encore André Ménard), ce cadeau estival vous accompagnera, confinement en moins, espérons-le.
Nous concluerons avec ces phrases extraites du livret de la main du journaliste français Pascal Anquetil : « à l’écoute de ce double concert à Montréal, nous revient comme une évidence ces phrases écrites par Jean-Paul Sartre sur le jazz : [ Cette musique qui s’adresse à la part secrète de nous-mêmes : la meilleure, la plus sèche, la plus libre, celle qui ne veut ni mélancolie, mais l’éclat assourdissant de l’instant ] ».
Disque compact 1 : All the Things You Are / Skating in Central Park / ‘Round Midnight / Medley : Repetition – No Problem / My Funny Valentine / A Night in Tunisia / Latin Alley / Goodbye / I’m a Fool to Want You (20h – 4 juillet 1993)
Disque compact 2 : All the Things You Are / Skating in Central Park / I’m a Fool to Want You / Bohemia After Dark / ‘Round Midnight / Medley : Repetition – No Problem / A Night in Tunisia / Bésame Mucho / Goodbye (22h – 4 juillet 1993)
Barney Wilen : sax tenor et soprano / Alain Jean-Marie : Piano
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.