Yannick Rieu – Symbiosis – l’album #2 de l’année 2024 de Christophe Rodriguez

Symbiosis de Yannick Rieu par Christophe Rodriguez

Le saxophoniste québécois Yannick Rieu sait à sa manière créer l’événement. Les 26 et 27 juillet dernier au Dièse Onze, il lançait avec ses comparses l’album Symbiosis, lieu de rencontre entre le corpus de Johannes Brahms (classique) et le jazz.




Un instrumentaliste qui cherche toujours a se renouveler


Depuis plus de vingt ans, je suis la carrière de cet immense instrumentiste qui cherche toujours à se renouveler, ou creuser des sillons, dont lui seul, a le secret. Le pont entre le jazz et le monde classique n’est pas chose commune, mais a eu ses adeptes comme le Modern Jazz Quartert, le pianiste Art Tatum et parfois le saxophoniste alto Charlie Parker qui ponctuait ses chorus de citations tirées de l’oeuvre de Stravinski.


Symbiosis – avec Jonathan Cayer (piano), Rémi-Jean LeBlanc (contrebasse) et Louis-Vincent Hamel (batterie)


N’ayant pas froid aux yeux, Yannick Rieu a donc convié l’un des plus romantiques compositeurs classiques à l’espace de la note bleue et comme vous vous en doutez, cela fonctionne à merveille. Il faut avoir l’esprit clair, du temps et un peu de repos pour se plonger dans cette « confrontation » amicale. Certes, nous sommes en présence d’une recherche formelle, mais l’instrumentiste donne libre cours à son imagination ainsi qu’à sa sensibilité. Pour ce 15e album, il s’est entouré du pianiste Jonathan Cayer, du contrebassiste Rémi-Jean LeBlanc et du batteur Louis-Vincent Hamel, soit la crème des jeunes québécois.


Faut-il connaître Brahms pour comprendre Symbiosis ? pas du tout


Faut-il connaître Brahms pour comprendre Symbiose ? pas du tout. Yannick vous guide de main de maître comme vous pourrez le constater en écoutant Danse magyare. Un jazz parfois acidulé, détendu, qui donne surtout libre cours aux pensées furtives du pianiste Jonathan Cayer, ainsi qu’à sa complexe esthétique. Au soprano et par petites touches, Yannick Rieu évoque pareillement John Coltrane (sa référence) que Brahms et de délicats parfums de jazz tourbillonnants.




Contrepoints pour Brahms et A Fairy Tale


Aussi surprenant, et ce Contrepoints pour Brahms qui me rappelle l’esprit du pianiste Jacques Loussier ainsi que celui de Claude Bollingdans sa riche période « crossover ». Tout est délicieux, sautillant ainsi qu’inspirant. Et quand je vous disais que l’instrumentiste cultive autant la poésie. Écoutez sagement A Fairy Tale. Ah, ce son de ténor d.ou ce détache l’image du légendaire Coleman Hawkins (Today and Now) et celle bien évidente de John Coltrane (My One and Only Love). De l’élégance à l’état pur, une construction rigoureuse avec une musicalité, fruit de l’expérience qui vous laisse pantois.


1000 fois merci pour ce cadeau qui s’adresse à tous les mélomanes.




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Christophe Rodriguez

Christophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.


Yannick Rieu nous parle de Symbiosis @ Dièse Onze (26-27 juillet 2024)

 

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