
Le dimanche 28 juin au Club Soda, dans le cadre du FIJM 2026, le concert de Victor Wooten et ses trois frères a été une véritable clinique de groove, de funk, de soul et de jazz. Ils nous ont livré une prestation à la fois électrisante et intime, célébrant plus d’une cinquantaine d’années d’alchimie musicale et de fraternité.
Le coup d’envoi de la soirée a été assuré par Franky Freedom
Le coup d’envoi de la soirée a été assuré par Franky Freedom (François Laliberté) à la batterie et son groupe. Le collectif québécois a proposé un groove imposant, teinté de jungle drum, de dubstep, d’EDM et de lo-fi. L’excentrique bassiste Gabrielle Gélinas, le guitariste Loïk Martin, le redoutable saxophoniste Guillaume Carpentier et la fabuleuse chanteuse Mel Pacifico ont offert une performance énergique et assumée. Leur passage sur scène ne nous a certainement pas laissés indifférents.
Puis, place aux frères Wooten
Chacun des quatre frères a eu l’occasion de briller à travers des solos bien distincts. Pendant que l’un étalait ses prouesses, les trois autres l’observaient avec une admiration et une fierté sincères. Cette complicité fraternelle était particulièrement touchante lors du long solo de Regi à la guitare, ou encore pendant celui de Joseph aux claviers, qui a fait usage du talk box dans la pièce Hero.
Victor Wooten – techniques de maître sur Flex
Sans grande surprise, Victor Wooten a tenu le public en haleine du début à la fin grâce à ses lignes de basse légendaires. Il a notamment fait usage, à plusieurs reprises, de sa célèbre technique de looping, superposant progressivement les notes pour construire des textures rythmiques fascinantes. Son morceau Flex en a été un excellent exemple.
Roy « Futureman » Wooten sur Sweat
Regi, pour sa part, a démontré une dextérité impressionnante à la guitare, tandis que Joseph, aux claviers, a fait danser la foule tout en chantant avec aisance. Roy « Futureman » Wooten a quant à lui ébloui le public grâce à ses percussions aussi uniques qu’inventives, particulièrement lors du morceau Sweat.

Un répertoire riche – Led Zep, James Brown, Elijah Wooten
Le groupe a exploré une grande variété de styles, passant du funk pur à des ballades soul, tout en interprétant des compositions tirées de leurs albums solos respectifs et plusieurs reprises revisitées avec personnalité.
Parmi celles-ci, on retrouvait Kashmir de Led Zeppelin, Get Up / I Feel Like Being a Sex Machine de James Brown, ainsi que plusieurs compositions originales, dont Not Just Religion, Unity, Two Timers, Let Me Be the One et Aw Come On Let’s Dance, écrite par leur frère Elijah Wooten, décédé en 2020.
Le moment fort : John Coltrane
S’il fallait retenir une seule pièce de la soirée, ce serait sans hésiter John Coltrane. Le père de Spike Lee, Bill Lee, était un compositeur de jazz qui a écrit ce remarquable hommage musical. Les frères Wooten ont quant à eux été formés par Consuela Lee, sœur de Bill Lee et tante de Spike Lee, un lien qui donne une résonance particulière à cette interprétation.
John Coltrane est sans contredit le morceau qui m’a procuré le plus de frissons durant le concert. Il s’agissait également de la pièce la plus résolument jazz de toute la soirée. L’improvisation de Joseph au piano, d’une grande finesse, s’est développée avec naturel avant de se conclure par des harmonies vocales totalement inattendues. La réaction spontanée et enthousiaste du public témoignait de la force du moment. Une ambiance chaleureuse
La touche finale du concert – Victor invite les musiciens de Franky Freedom
La touche finale du concert s’est transformée en une brève clinique musicale, où Victor a invité les musiciens de Franky Freedom à un captivant jeu de mathématiques musicales. Le temps d’un instant, la scène est devenue une salle de classe aussi vivante qu’entraînante. Un moment unique qui a magnifiquement conclu le concert.

Guillaume Carpentier, Gabriel Gélinas, Mel Pacifico et Victor Wooten
Chez les Wooten, la musique est avant tout une histoire de famille, de générosité et de plaisir partagé
Plus qu’un simple concert, cette soirée avait des airs de fête familiale. La complicité entre les quatre frères transparaissait à chaque instant, autant dans leurs regards que dans leurs sourires. Leur bonheur de partager la scène rappelait avec éclat que, chez les Wooten, la musique est avant tout une histoire de famille, de générosité et de plaisir partagé.
Victor Wooten et les frères Wooten @ Club Soda – FIJM 2026
Dimanche 28 juin 2026
Victor Wooten – basse
Regi Wooten – guitare
Roy « Futureman » Wooten – percussions, batterie et drumitar
Joseph Wooten – claviers
Franky Freedom
François Laliberté – batterie
Gabrielle Gélinas – basse
Loïk Martin – guitare
Guillaume Carpentier – saxophone
Mel Pacifico – voix
Alain Mercier (texte et photos) : amercier.divertissement@gmail.com
Alain Mercier est un gestionnaire et agent de spectacles influent de la communauté montréalaise. Fondateur de Divertissement Mercier, il combine pragmatisme et sens artistique, notamment dans le jazz. Reconnu pour son dévouement, sa bienveillance et son engagement culturel, Alain Mercier contribue activement au rayonnement musical de la ville.
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