Tigran Hamasyan – Manifeste (2026)

Tigran Hamasyan - Manifeste (2026)

Formidable improvisateur qui défie les étiquettes, Tigran Hamasyan prolonge avec Manifeste (2026) une démarche artistique affranchie des carcans stylistiques. Pianiste virtuose et compositeur visionnaire, il entremêle jazz, rock progressif, musiques électroniques et traditions arméniennes au fil de quatorze nouveaux titres conçus comme une suite spirituelle.




Manifeste (2026) – une musique à vivre comme un rituel


Enregistré entre 2023 et 2025, Manifeste (2026) rassemble un large ensemble incluant section rythmique redoutable, chœur et instruments folkloriques, déployant une vaste palette de couleurs et de dynamiques propres à l’univers singulier du pianiste. Une musique à vivre comme un rituel, traversée par les thèmes de l’identité, de la mémoire et de la transformation intérieure.


Prelude for All Seekers condense déjà l’esthétique de l’album


L’ouverture, Prelude for All Seekers, condense déjà l’esthétique de l’album avec ses motifs répétitifs au piano et sa pulsation insistante, oscillant entre contemplation et déferlement rythmique. Yerevan Sunrise prolonge cette tension en jouant sur une mélodie fragmentée et portée par un balancement rythmique instable, avant que n’entre en scène une basse électrique massive. Le jeu du pianiste est tantôt percutant, tantôt chantant, tandis que ses sifflements et vocalises introduisent une dimension humaine et fragile, le tout s’inscrivant dans une quête éminemment introspective.




D’autres pièces affirment une atmosphère plus méditative, comme One Body, One Blood


D’autres pièces affirment une atmosphère plus méditative, comme One Body, One Blood avec ses nappes vocales hantées, presque liturgiques, qui évoluent vers une énergie plus vive sans jamais perdre en gravité. Seven Sorrows baigne dans une atmosphère sombre et suspendue, où textures électroniques et improvisation pianistique dialoguent avec élégance. Les pièces dédiées, comme Years Passing (For Akram) ou A Window from One Heart to Another (For Rumi), ouvrent quant à elles un espace plus intime avec leur instrumentation traditionnelle, tissant des ponts entre traditions arméniennes, mystique soufie et jazz contemporain.




Manifeste (2026) s’achève avec National Repentance Anthem


À l’inverse, Tigran Hamasyan assume également une esthétique plus abrasive sur des pièces comme Dardahan, Ultradance ou A Eye (The Digital Leviathan), où rythmiques complexes, basse et batterie quasi métal exacerbent la tension. L’album s’achève avec National Repentance Anthem, pièce solennelle portée par un chœur de chambre, où piano épuré et harmonies graves concluent l’album sur une note de recueillement.




Exigeant et très dense, Manifeste (2026) ne cède jamais à la facilité, mais offre à qui prend le temps une expérience profondément immersive et cathartique. Les inconditionnels seront en terrain connu, retrouvant tout le flair mélodique, la précision rythmique et l’écriture très progressive qui font la force de ce formidable pianiste.


Prelude For All Seekers / Yerevan Sunrise / Manifeste / One Body, One Blood / Seven Sorrows / Years Passing (For Akram) / Dardahan / War Time Poem / The Fire Child (Vahagn Is Born) / Ultradance / Per Mané (Eb Venice song) / Window From One Heart To Another (For Rumi) / A Eye (The Digital Leviathan) / National Repentance Anthem


 


Tigran Hamasyan – piano, synthés, basse synthé, voix, sifflage et programmation de batterie
Marc Karapetian – basse
Evan Marien – basse
Arthur Hnatek – batterie, électroniques et programmation de batterie
Arman Mnatsakanyan – batterie
Matt Garstka – batterie
Nate Wood – batterie

Yerevan State Chamber Choir – dirigé par Kristina Voskanyan

Daniel Melkonyan – trompette
Nick Llerandi – guitare
Artyom Manukyanon – violoncelle
Asta Mamikonyan – voix
Hamin Honari – daf (tambour à main)
Yessai Karapetian – blul (flute traditionnelle)


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Arnaud G. VeydarierArnaud G. Veydarier : arnaudgveydarier@gmail.com /  Facebook

Arnaud G. Veydarier est guitariste, a étudié la musicologie à l’Université de Montréal et nourrit un intérêt prononcé pour le jazz, la musique contemporaine et les liens entre musique et développement urbain. Chaque deux semaines il nous propose un album.


Tigran Hamasyan – Red Hail (2021)

 

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