
Melody Gardot en a fait du chemin depuis 2008, date à laquelle nous l’avions découvert en 2008 au TNM. Encore une fois, ce fut grâce au flair du cofondateur du Festival International de Jazz de Montréal André Ménard, que la chanteuse Melody Gardot salua (mon ami André) en ouvrant son concert hier à la Salle Wilfrid-Pelletier, pleine comme un œuf.
Une poésie souvent magistrale sur Our Love Is Easy
Polytraumatisée à la suite d’un accident, elle a longtemps chanté avec une canne. Mais le jazz doit certainement être un bon docteur, puisqu’elle se déplace depuis avec aisance et bonheur. Mystérieuse, parfois un brin cabotine, Melody Gardot est à l’opposé de toutes ces chanteuses qui s’époumonent pour faire passer le message. Un filet de voix, que nenni. Tout est dans la pose, l’articulation, la poésie souvent magistrale qu’elle dégage comme nous avons pu le constater dans Our Love Is Easy.
Melody Gardot avec Philippe Powell, Irwin Hall, Christopher Thomas, Chuck Staab, Jorge Bezerra et des cordes par Jean-Philippe Malouf
Pour ses deux concerts puisqu’elle sera ce soir (3 juillet 2023) à la Maison symphonique, elle avait ajouté a sa formation de base une solide section de cordes dirigée par Jean-Philippe Malouf. Nous retrouvions aussi ses complices soit : le pianiste Philippe Powell, fils du légendaire guitariste Baden Powell, le saxophoniste/flûtiste Irwin Hall, le contrebassiste Christopher Thomas, le batteur Chuck Staab et le percussionniste Jorge Bezerra. Sur ce, la soirée pouvait commencer.
Melody Gardot nous offre Samba em Préludio, You Won’t Forget Me et Love Song
Entre le jazz et la musique brésilienne avec le touchant Samba em Préludio que le regretté Pierre Barouh traduisit par Un jour sans toi, nous baignions dans une atmosphère qui rappelait assurément la trame sonore d’Un homme et une femme. Mais il n’y avait pas que cela. Dans la lignée de Worrisome Heart, elle nous a offert une de ses premières compositions You Won’t Forget Me ainsi que Love Song évoquait ces romans noirs des années 40.
Les Étoiles
Il n’en fallait pas beaucoup pour que le tandem Humphrey Bogart/Lauren Bacall apparaisse en arrière plan. Ténébreuse certes, mais avec beaucoup d’humour, elle a parlé de ses années suivies par sa première création en français, Les étoiles. Un bel hommage à Saint-Germain-des-Prés ainsi qu’à tous ces petits groupes de jazz qui animaient ce lieu mythique.
Un concert impeccable, sans esbroufe. Du grand art subtilement mené et quelle présence!
Melody Gardot
Dimanche le 2 juillet 2023 @ 43e Festival International de Jazz de Montréal
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
photo : Victor Diaz Lamich / Festival International de Jazz de Montréal