
Il faut croire que bien des trésors musicaux dorment et sommeillaient encore dans les voûtes célestes du jazz. Comme preuve à l’appui ce Con Alma : The Oscar Peterson Trio – Live in Lugano (1964) enregistré devant public en 1964 par la radio télévision suisse. Si le grand maître du piano jazz, né à Saint-Henri (Montréal) fut sous contrat avec la puissante compagnie Verve fondée par Norman Granz, rien ne l’empêchait de temps en temps de faire quelques écarts, puisque cette nouveauté (après vérifications) est inédite.
C’est un trio de luxe, étant donné que l’ami Oscar est accompagné par son fidèle complice, le contrebassiste Ray Brown ainsi que le batteur Ed Thigpen. Du jazz, dit classique pas tout à fait, puisque sous les doigts de ce géant, les standards sont magnifiés avec des intrusions dans le répertoire bop, cool et parfois post-bop. Héritier du redoutable Art Tatum dont il revendique fièrement la filiation ainsi que de Fats Waller, Oscar Peterson a développé en plus de 50 ans de carrière une étonnante agilité. À la puissante technique, il articule des phrases claires sans jamais sacrifier à la musicalité comme vous pourrez le constater.
Live In Lugano – Blues for My Landlady – toute l’essence du blues
Cet art du trio comme le fit son prédécesseur Nat King Cole, qui fut aussi bon pianiste que chanteur, trouve sa résonance avec Blues for My Landlady. Une des rares compositions du pianiste où se consigne en filigrane toute l’essence du blues. Des éclairages nuancés et des moyens redoutables nous propulsent dans un univers où s’inscrit l’histoire du jazz sur ce Live in Lugano.
Waltz For Debby, Con Alma, It Ain’t Necessarily So
Nous pourrions en dire autant de Waltz For Debby, composition du collègue et ami Bill Evans. Tout en sensibilité, ce trio offre des lumières différentes sans jamais tomber dans la redite. Pour qui veut du « muscle » et entendre de quel bois se chauffait Oscar Peterson sur ce Live In Lugano, nous vous référons à Con Alma du légendaire trompettiste Dizzy Gillespie. De la trame cubaine au jazz, il n’y a qu’un pas à franchir. Tout est impeccable, précis, enlevant et porté par un dynamisme, dont Oscar et ses complices avaient avait le secret. Et nous conclurons par It Ain’t Necessarily So, superbe hommage au génie de George Gerhswin tiré de la comédie musicale Porgy and Bess.
Waltz for Debby / My One and Only Love / Blues for My Landlady / Con Alma / I Could Write a Book / It Ain’t Necessarily So
Oscar Peterson – piano
Ray Brown – contrebasse
Ed Thigpen – batterie
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
Oscar Peterson – A Time For Love (The Oscar Peterson Quartet – Live in Helsinki 1987)