
Il faisait beau et chaud vendredi dernier le 12 juin, ce qui m’a donné l’occasion d’aller écouter au Quai des brumes le quintette du jeune organiste de Québec, Olivier Madore-Millette et son groupe, avec en 1e partie l’excellent groupe Melody & The Soulbirds. Ce fut une soirée funk sans contredit, avec en arrière-plan l’âme de James Brown, les « bougalous » de l’épopée Blue Note (Lonnie Smith, John Patton, Lou Donaldson) et Jimmy Smith, comme il se doit. J’avais découvert il y a quelques années l’organiste Olivier Madore-Millette à la fête notre annuelle de sortiesjazznights.com. Ce dernier n’est pas un vieux requin de la profession, mais un « jeune loup » qui a redonné vie à l’orgue Hammond B-3, un instrument si rare de nos jours, mais qui est pourtant si robuste.
Melody & The Soulbirds ouvre le bal
Du beau monde était au Quai des brumes, qui est loin d’être un endroit dont la sonorité reste la meilleure, mais peu importe, nous fûmes heureux. En première partie, j’ai découvert la formation Melody & The Soulbirds. Smell and Funky est aussi le titre de leur disque. De véritables musiciens dont l’âme reste imprégnée du funk des années 70. Ils ont interprété avec solidité Papa’s Got A Brand New Bag de James Brown, suivi de quelques compositions personnelles, dont une J’aime la poutine, un joli clin d’oeil à J’aime les frites de Bleu Jeans Bleu. Melody (Melodie Vanier), rodée au quart de tour, s’appuya sur le claviériste Daniel Thouin et le trompettiste Hichem Kalfa, qui incarnait les attaques sèches et précises du regretté Blue Mitchell. Au saxophone baryton ainsi qu’au ténor ; Sébastien Grenier faisait un honneur aux souffleurs d’antan. Pour le soutien rythmique, trois mentions d’honneur au guitariste Nicolas Lanctôt, au bassiste Samuel Brassard ainsi qu’au batteur Vincent Ravary.
Et vint la Hammomd B-3 d’Olivier Madore-Millette
Vers 23h, Olivier Madore-Millette et ses acolytes ont pris d’assaut la scène. Ce sont des piliers de Québec, notamment le saxophoniste baryton André Larue, qui est malheureusement trop méconnu. Sa puissance de feu évoque celle de Pepper Adams, tout en étant aussi fluide que le légendaire Serge Chaloff. Cette soirée a vraiment été à la hauteur. Olivier-Madore-Millette, alias OMM pour les intimes, était impeccable, souriant et encourageant ses musiciens, tous aussi solides les uns que les autres. Pour commencer la soirée, un redoutable Memphis, une composition de John Patton. Que ça « groovait avec justesse » à l’image de musiciens heureux ! Impeccable de bout en bout, tout un chacun se relançait avec en tête, au baryton, André Larue. L’organiste surveillait son petit monde, insufflant trois louches de dynamisme tout en ajustant le tempo avec brio, rappelant ainsi combien l’orgue Hammond reste irrésistible pour faire monter la pression.

Olivier Madore-Millette
Le reste de la soirée fut composée d’œuvres originales toutes tirées du même moule : le funk des années 1960. La composition très relevée Milk Shake avec sa gamme, ses traits rapides et ses relances musclées s’inscrit parfaitement dans cette lignée. Il ne s’agit pas d’une simple copie, car ce jeune organiste possède son propre langage, soutenu par une connaissance profonde de ceux qui l’ont précédé. Nous souhaitons qu’un jour, le Festival International de Jazz de Montréal lui ouvre ses portes, en salle de préférence. Il est aussi impossible de ne pas mentionner ses complices : l’altiste Aaron Wolf, le batteur Loïc du Sablon et le guitariste Didier Archambault.
Olivier Madore-Millette Quintet
Melody & The Soulbirds
Quai des brumes
Vendredi le 12 juin 2026
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Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique culturelle a La Métropole et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.



