
Après un an et plus de réclusion, nous sommes enfin sortis pour aller entendre l’Orchestre national de jazz de Montréal (ONJM). Dans la très jolie 5e salle de la Place des Arts qui sied aussi bien à l’intimité qu’un concert de jazz en grande formation, nous eûmes droit à un hommage au compositeur, chef d’orchestre et saxophoniste Oliver Nelson (1932-1975) sous la direction du trompettiste Ron Di Lauro. (P.S. : Ce concert est disponible en webdiffusion jusqu’au 26 septembre ici)
Hommage à Oliver Nelson : The Blues and The Abstract Truth et plus
Ah Oliver Nelson ! Même, si disparu trop tôt, emporté à l’âge de 43 ans par une crise cardiaque, son legs est immense. Songeons un instant au fabuleux disque : The Blues and The Abstract Truth et la composition Stolen Moments, l’explosif Down By The Riverside, son travail avec le saxophoniste Johnny Hodges et Louis Armstrong, sans oublier tout ce qu’il fit pour la télévision : Six Million Dollar Man, Ironside, sans oublier la direction de la trame sonore du Dernier tango à Paris avec le saxophoniste vedette Gato Barbieri. Nous fûmes gâtés.
L’Orchestre national de jazz de Montréal rodé au quart de tour
Avec un menu consistant et exempt de musiques de film ou téléséries, la soirée fut donc orchestrale à tous les points. Comme nous avions sur scène les meilleurs artisans de la scène montréalaise et artisane avec la présence de la pianiste Marianne Trudel, le swing plus que costaud fut au rendez-vous. Dans un esprit tout à fait Vic Vogel, l’ONJM rodé au quart de tour, telle une puissante machine de course, rendit un hommage bien mérité au maître des idées orchestrales, que fut Oliver Nelson.
Un florilège de compositions – entre avant-gardisme et swing des beaux jours
Sous la houlette du chef d’orchestre Ron Di Lauro, heureux et en verve, nous eûmes droit à un florilège des compositions qui oscillé, entre l’avant-gardisme et le swing des beaux jours. Poussée par une musicalité généreuse, ce travail d’ensemble se traduit par un Hoe Down roboratif marqué par une belle intervention du trompettiste David Carbonneau, tout comme Stolen Moments, pièce phare qui mit en vedette le vétéran saxophoniste alto Jean-Pierre Zanella, au « mordant » précis. Après un 3210 hautement inflammable, tout comme Buckwood, dont la matière fut transcendée par le saxophoniste ténor André Leroux, la pianiste Marianne Trudel fit de petits miracles. Sur African Sunrise écrit pour le grand orchestre de Count Basie, le mélange des atmosphères évoquait autant l’univers du pianiste Randy Weston que le Far East Suite de Duke Ellington. Ce fut de toute beauté.
Et c’est ainsi que ce retour en salle (22 sept 2021) fut un bonheur qui rappelait une certaine normalité, aussi fragile soit-elle.
En webdiffusion jusqu’au 26 septembre
Les billets sont disponibles ici ➡️ https://bit.ly/3hol7L4
Chef d’orchestre : Ron Di Lauro
Piano : Marianne Trudel
Saxophones : Jean-Pierre Zanella, Samuel Blais, André Leroux, Frank Lozano, Alexandre Côté
Trompettes : Jocelyn Couture, Aron Doyle, David Carbonneau, Bill Mahar
Trombones : Dave Grott, Jean-Nicolas Trottier, David Russell Martin, Robert Ellis
Contrebasse : Rémi-Jean Leblanc
Batterie : Kevin Warren
Musicothécaire : Taylor Donaldson
L’Orchestre national de jazz de Montréal – Hommage à Oliver Nelson
Mercredi le 22 septembre 20h
En webdiffusion : 22 au 26 septembre
Place des Arts – Cinquième Salle
175 Ste-Catherine O
514-842-8112
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Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz. Pour lire les chroniques de Christophe, c’est ici
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