
En ce mois d’octobre qui oscille entre la petite grisaille et de minces rayons de soleil, nous allons injecter un peu de bonheur dans votre quotidien avec le nouveau disque du trompettiste Lex French : In The World’s First Summer.
Cet instrumentiste néo-zélandais établi dans nos terres est loin d’être un inconnu, pour qui fréquente les boîtes de jazz québécoises ou la scène jazz tout court. Avec cette nouveauté plus que dynamique, il s’est inspiré du second quintette de Miles Davis, sans toutefois copier car l’essence du « prince noir » est bien présente tout comme la pensée qui reste généralement aussi moderne.
De la recherche il y a, puisque, nous sommes en présence de 6 compositions originales, le classique Bye Bye Blackbird ainsi qu’une étonnante reprise de V’la l’bon Vent. Mais que vient donc faire une chanson traditionnelle dans le jazz ? C’est une suggestion du journaliste Marc Chénard (La Scène Musicale) et son exploration du folklore et de la musique traditionnelle québécoise. Toujours est-il, qu’avec beaucoup de dynamisme et un sens certain de l’improvisation, Lex French « dynamite » en quelque sorte de façon très singulière, ce monument de notre patrimoine.
Colour Grid / Bye Bye Blackbird / Falling Up / Lullaby (Nana) / Huancavelica / In The World’s First Summer / Going Home / V’la l’bon Vent
« C’est une grande joie pour moi d’avoir le privilège de partager ma musique avec le monde, et j’espère qu’elle vous fera plaisir! » Lex French
Comme le fit Miles Davis, il y a plein de liberté dans In The World’s First Summer, sans nécessairement verser dans le mode atonal ou free jazz. Toutes les compositions offrent juste ce qu’il faut de puissance inventive pour que le passionné de jazz ou l’amateur y trouve son compte. Mais, ne misez pas sur Lex French pour imiter son maître. Le titre In The World’s First Summer est inspiré d’un poème de l’auteur néo-zélandais James K. Baxter.
Question sonorité, il s’inspire plus de Clifford Brown et dans une moindre mesure, Lee Morgan (époque du quintette du batteur Art Blakey). Vous pourrez aisément le constater dans Colour Grind et Falling. Admirablement soutenu par le pianiste François Bourassa (véritable artiste caméléon), le contrebassiste Morgan Moore ainsi que le batteur Jim Doxas, tout est réglé au quart de tour avec ces brins d’émotions essentiels.
Nous voilà heureux, une fois de plus !
Lex French – trompette
François Bourassa – piano
Morgan Moore – contrebasse
Jim Doxas – batterie
Christophe Rodriguez : rod.chris@hotmail.com
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
Le Lex French Quintet en concert à la Salle Bourgie (2021)