
Pour son dernier concert de la saison mercredi le 22 mars, le Big Band de l’Université de Montréal sort le grand jeu et propose une soirée exceptionnelle afin de célébrer celui qui l’a dirigé pendant 20 ans : le trompettiste Ron Di Lauro.
Dans cette vidéo Ron Di Lauro nous explique…
Au programme de ce concert : les grands succès du Big Band, un florilège de morceaux et des invités surprises!
Moanin’ (arrangement de Sy Johnson) – Charles Mingus
Ah’ That’s Freedom – Thad Jones
Extra Credit – Jim McNeely
A Night In Tunisia (arrangement de Pierre Bertrand) – Dizzy Gillespie
Tip Toe – Thad Jones
Three Romances – Part 1 : Choro Dançado – Maria Schneider
88 Basie Street – Sammy Nestico
Isfahan – Duke Ellington et Billy Strayhorn
Time Check – Don Menza
Le Big Band célèbre Ron Di Lauro
Faculté de musique – Université de Montréal
Mercredi le 22 mars 2023 @ 19:30
Billet régulier : 22$ | Billet étudiant : 12$
UdeM – Salle Claude-Champagne
220, avenue Vincent-d’Indy
Montréal, QC Canada
Trompettiste accompli, professeur à la Faculté de musique de l’UdeM, il est à la tête du le Big Band et c’est sous sa direction que plusieurs musiciennes et musiciens de jazz ont eu le privilège de se former avant d’entamer une carrière professionnelle.
Voici quelques extraits d’un échange que nous avions eu l’automne passé et que nous republions.
Claude Thibault : Quelle est l’importance de l’enseignement dans ta vie ?
Ron Di Lauro : J’ai une formation classique de McGill que j’ai terminé en 1980. En 1981 le Conservatoire de musique de McGill m’ont demandé si je voulais enseigner. En 1984 j’ai eu des étudiants en classique et en 1987 j’ai commencé à enseigner le jazz.
Claude Thibaut : C’est quoi pour toi enseigner le jazz ?
Ron Di Lauro : C’est tout un défi pour tous les enseignants et c’est en deux volets, l’instrument, et le jazz lui-même. Pour bien jouer le jazz ça prends une bonne formation sur l’instrument. Les centaines d’étudiants que j’ai eu sont tous différents. Il y a différent niveaux de talent, ceux qui ont un talent naturel pour le jazz, une bonne oreille mais maîtrisent moins bien l’instrument. Des fois le talent d’improvisation est moins là, mais chaque cas est différent. Parmi mes collègues il y John Roney et Luc Beaugrand, et ça c’est deux générations, ensuite Jean-Nicolas Trottier, Reno De Stefano, Mike Gauthier et plusieurs autres. J’ai enseigné jusqu’en 2019 à McGill et j’ai toujours été fidèle et porté les couleurs de chaque école car, évidemment, on est souvent comparés. La formation du jazz évolue, est plus libre et un peu moins puriste, moins old school. On veut que les étudiants développent leur propre potentiel.
Claude Thibaut : C’est quoi ta plus grande satisfaction comme enseignant ?
Ron Di Lauro : Justement je viens de vivre pendant une dizaine de secondes un moment d’euphorie. Je travaillais fort pour expliquer quelque chose de très important sur une partition et quand ils ont (les étudiants) repris la pièce ils ont saisi et joué exactement comme je leur expliquais. C’était super. On étais tous sur la même longueur d’ondes en termes d’exécution, vitesse, feel, etc…Dans un big band ce qui me fait le plus plaisir c’est quand on est tous enligné sur la même mission et direction.
Claude Thibaut : Qu’est-ce que t’écoutes dans ton auto ?
Ron Di Lauro : Talk Radio. Sur Spotify je vais écouter toutes sorte de choses…Steely Dan, Fleetwood Mac, Chicago, Lee Morgan, Mia Martini, Michel Legrand, des symphonies, Ivan Lins, des fois je mets ça sur random sur les années 70. Moins j’entends le bebop dans tout. Moi je blow sur tout et c’est ça que je dit à mes étudiants.
Claude Thibaut : Un moment WOW! dans ta carrière ?
Ron Di Lauro : Avec Deep Purple à la Place des Arts en 2011. On était 5-6 instruments à vents pour ce projet genre symphonie de DP. La salle était pleine. Dans le salon vert après j’ai discuté avec le bassiste Roger Glover. Je lui ai dit thanks for giving this experience, it’s the thrill of a lifetime. Ça c’est mon highlight même si j’ai joué avec Dizzy Gillespie, John Scofield. Il a répondu : me too! Un autre moment wow c’est quand je partage la scène avec Ginette Reno et qu’elle chante L’Essentiel, ça me donne des frissons!
Claude Thibaut : Quel autre instrument aurais-tu aimé jouer en secret ?
Ron Di Lauro : Quand j’étais jeune je voulais jouer la batterie. Mais mon père (Migo Di Lauro) qui était trompettiste m’avait dit non joue pas des drums parce que c’est le premier qui doit arriver sur une gig et le dernier parti. Ce qui me fait rire maintenant c’est quand je joue avec Paul Brochu sa batterie est déjà installée, c’est le dernier arrivé et le premier à partir. Et ça me fait penser à mon père.
C’est également ma dernière année à l’Université de Montréal et notre dernier concert du Big Band sera le 22 mars 2023.
Merci Ron !
La Faculté de musique bénéficie du soutien du Fonds Sophie Desmarais pour le Big Band de l’Université de Montréal.