
Révélée en 2016 par son impressionnante reprise de Tears in Heaven qui cumule à ce jour plus de 3,3 millions de vues sur les réseaux sociaux, la bassiste et compositrice franco-polonaise Kinga Glyk dévoilait récemment un sixième album, Real Life (2024). Porté par la co-production de Michael League (Snarky Puppy), ce nouvel opus navigue entre funk et fusion, s’inspirant fortement de légendaires figures du jazz des années 1980 telles que Return to Forever, Herbie Hancock et Weather Report. Les influences et sonorités se mêlent et entrent en résonance pour dessiner un jazz aux accents à la fois européens et américains, transcendant les étiquettes. La collaboration avec des musiciens d’exception tels que Casey Benjamin et Robert Searight confère à l’album une richesse texturale unique, où la basse de Glyk s’impose à la fois comme socle rythmique et fil narratif.
Real Life : Fast Life, Who Cares
En ouverture, Fast Life s’impose comme une fusion de claviers funky et de lignes de basse fluides où les mélodies de Kinga Glyk se fondent dans des explorations texturales riches. Ce morceau illustre à merveille la maîtrise de l’art de la tension et du relâchement, offrant une entrée en matière aussi groovy qu’expressive. Who Cares brille également par son groove irrésistible, inversant cette fois les rôles traditionnels entre mélodiste et section rythmique pour tisser un récit musical expressif.
The Friend You Call
The Friend You Call révèle ensuite des influences folkloriques, avec une introduction marquée par une superbe mélodie d’accords qui installe une atmosphère à la fois lumineuse et introspective. L’influence du jazz européen, incarnée par les solos lyriques de Caleb McCampbell et Nicholas Semrad, imprègne l’ensemble de l’album, témoignant de la capacité de Kinga Glyk à peindre des paysages sonores profondément évocateurs.
That Right There, Sadness Does Not Last Forever
That Right There démarre en trombe avec la basse en avant-plan, rappelant l’énergie brute du pionnier de la basse funk, Larry Graham. Le mélange explosif de synthés saturés est ponctué de solos de Julian Pollack et Nicholas Semrad qui confèrent vitalité et spontanéité à l’ensemble. Sadness Does Not Last Forever s’ouvre quant à elle de manière très solennelle, le morceau gagnant progressivement en intensité avec l’arrivée de percussions entraînantes soutenues par un synthé aux accents futuristes à la Joe Zawinul.
Real Life (2024) témoin du talent de Kinga Glyk et sa capacité à ajouter une touche très personnelle à un genre musical bien souvent surfait.
En définitive, Real Life (2024) ne se contente pas de simplement définir Kinga Glyk en tant que bassiste virtuose. Grâce à des compositions sophistiquées, une narrativité émouvante et une fusion harmonieuse d’une grande variété de styles, Real Life (2024) témoigne non seulement du talent exceptionnel de Kinga Glyk, mais également de sa capacité à ajouter une touche très personnelle à un genre musical bien souvent surfait.
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Arnaud G. Veydarier : arnaudgveydarier@gmail.com / Facebook / twitter
Arnaud G. Veydarier est guitariste, a étudié la musicologie à l’Université de Montréal et nourrit un intérêt prononcé pour le jazz, la musique contemporaine et les liens entre musique et développement urbain. Il est également impliqué au Centre de musique canadienne du QC. Pour voir tout ses bons plans et chroniques d’albums, c’est ici