Entrevue Les Soeurs Guitares : le guitariste Sylvain Provost et le bassiste Norman Lachapelle pour Encore Un Tour.

J’ai eu l’occasion de rencontrer ceux qu’on surnomme Les Soeurs Guitares, c’est à dire le guitariste Sylvain Provost et le bassiste Norman Lachapelle, il y a quelques jours au Arousse de Ste-Thérèse. On discute de leurs sources musicales et de leur rencontre, la famille, les Laurentides, le jazz, leurs son respectifs, les instruments, ce qu’ils écoutent, et beaucoup plus.

Claude Thibault – Salut Sylvain Provost et Norman Lachapelle, on va commencer au tout début, vous êtes cousins, vous venez de Saint-Jovite et  Sainte-Agathe, comment la musique as-t-elle commencé pour chacun ?

Sylvain Provost – Norman a commencé avant moi, c’était mon premier professeur, quand j’ai commencé à jouer c’est lui qui m’a montré les rudiments de la guitare. A leur maison il y avait tout, des guitares, un piano, une orgue, une clarinette, un violoncelle, tout le kit. Son père c’était un super musicien, un accompagnateur et a un moment donné il m’a regardé évoluer et il a dit a mon père de m’acheter une guitare et comme de fait l’année après j’ai eu une guitare, une petite Suzuki, livrée à domicile par Steve’s lui-même (du magazin Steve’s), qui donnait des cours classique et qui faisait du ski-doo le père de Norman. Avec Norman on se revoyait au  partys de famille et c’est là qu’il m’a montré les premiers accords de guitare. J’ai commencé à jouer du rock en écoutant du Pagliaro, c’était notre dieu en 1973. Après ça on est tombé dans le progressif. J’écrivait mes tounes, comme Pag, mon inspiration. On avait aussi le côté mélodique qu’on a développé avec son père en jouant du Moustaki et des artistes comme ça.

Norman Lachapelle – On est cousins germains donc on se connait depuis les couches. Moi c’est mon père (Jean Lachapelle) qui m’a initié a la musique, même mon grand-père aussi jouait de la musique, il jouait du violon des reels et des gigues. Papa était semi-professionnel et jeune j’ai joué avec lui de la  basse. Papa c’était un touche a tout…J’avais 7 ans et j’ai commencé à jouer dans les messes a gogo, papa lui jouait de la guitare mais il était surtout pianiste, une gig par semaine. Ça c’était mes première années. On se voyait des les partys de famille et aux Fêtes puis a moment donné il m’a dit qu’il voulait jouer de la guitare. Avec le temps on est allé vers le progressif avec différents groupes dans les Laurentides mais on début on n’était que nous deux, dans le millieu des années 70. Ça fait donc 43 ans qu’on joue ensemble. Sylvain a toujours eu ses compos par contre dès le départ.

Claude Thibault  – Puis le jazz c’est arrivé comment la-dedans, c’est un qui a fait découvrir à l’autre ? comment ça s’est passé ?

Sylvain Provost – Le jazz, ça viens de son père. A un moment donné il nous ammené au Far Hills Inn voir Jerry Soethermans, un super bon pianiste et chanteur genre crooneur, il était connu et apprécié des musiciens de Montréal, y compris Vic Vogel et plusieurs autres. Il jouait Take Five et j’ai pogné la piqûre, la religion venait de changer de bord, je me souviens j’ai donné mes disques de rock, j’étais dans le jazz, j’étais rentré dans une nouvelle religion. Amalgame notre groupe de rock progressif qui se rapprochait du jazz jouait beaucoup a Mont Rolland et on appris à l’école de Mont Rolland qui avait une bonne réputation.

Norman Lachapelle – A 15-16 ans on était secondaire 3 et 4 de Mont Rolland et on s’est fait fouetter par des professeurs très rigoureux de Mont Rolland où il y avait une harmonie, un stage band, des bons musiciens.

Claude Thibault – C’est quoi que vous appréciez le plus dans le jeu de l’autre ? l’ouverture ? ses riffs ? le son ? un peu tout ça ?

Sylvain Provost – C’est difficile à dire mais je dirais tout ça mais surtout l’émotion. Quand je joue avec Norman on dirait que ma note a plus de sens car il m’appuie, c’est comme une ombre…c’est difficile à expliquer. Quand on joue une ballade on pourrait jouer cettepièce toute la soirée, on pourrait rester dans ce bain là, cette bienveillance là. Aussi on s’accepte comme on est et notre fragilité, notre enfance nous a soudée.

Norman Lachapelle – Tu l’a dit, c’est un peu tout ça. Notre objectif est le même, on s’en va à la même place, on veut se faire plaisir. Quand j’arrive avec une pièce j’aime bien comment il l’interprête, j’adore ça. Il va mettre son grain de sel et ça l’ammène ailleurs et c’est toujours le fun. On a peut-être gardé un peu de notre naïveté de notre jeunesse et des Laurentides.

Claude Thibault  – Norman tu aimes beaucoup George Benson…

Sylvain Provost – J’adore son son et son soul, c’est naturel, mélodique, un chanteur incroyable, lui et Keith Jarret sont deux grandes inspirations. Avec Jarrett quand il part c’est viscéral, t’est rivé sur ton banc. Une note après l’autre.

Claude Thibault – Quels autres instruments auriez-vous aimer jouer en secret ?

Sylvain Provost – La trompette avec un son fantastique. Un son de bois…et doux.

Norman Lachapelle – Je raconte des fois qu’après ma femme, mes enfants, ma mère et mes bons amis, la personne la plus importante dans ma vie c’est le batteur, parce que je joue de la basse, et si ça marches pas avec le batteur ça va mal. C’est donc la batterie.

Claude Thibault  – Qu’est-ce que vous écoutez comme musique dans la vie de tous les jours ?

Sylvain Provost – Quand je fais le cuisine j’écoute l’émission de Stanley Péan (Quand le jazz est là), aussi dans des concerts avec ma blonde, du classique, du Mozart.

Norman Lachapelle – J’écoute pas tant de musique que ça, j’écoute la musique des projets qui s’en viennent question de me préparer, comme Jean-François Groulx au FIJM, et en auto un peu. A une époque j’écoutais du Coltrane, du Miles, un peu de tout.

Claude Thibault  – Les deux vous avez joué avec une foule d’excellent musiciens (Gilles Vigneault, Ariane Moffatt, Gerry Boulet, Sylvain Lelièvre, Oliver Jones, Garou, Roch Voisine, etc)…parlez-moi de moments WOW mais vraiment WOW! que vous auriez eu sur scène…

Sylvain Provost – Moi c’est avec Karen Young, Norman aussi c’est sur, et puis Normand Guilbeault, l’album Little Zab avec Yannick Rieu…c’était super ça.

Norman Lachapelle – Les tops moments positifs c’est arrivé quand je suis en forme, quand je connais le répertoire, me sens à l’aise, je suis en confiance, les autres musiciens aussis, un public qui écoute, le son est bon. Comme avec Sylvain il y eu des moments magiques, en trio avec Paul Brochu par exemple, avec Karen Young, 300 concerts avec Karen, quand j’ai commencé j’étais dans une période ou je voulais faire du jazz, après 10 ans de covers dans les hôtels des Laurentides, avec elle il y eu du monde de partout, des Africains, des Grecs, des Bulgares, j’avais pas le choix d’avoir du fun avec elle. Avec Michel Donato j’ai joué du piano a 19 ans, c’était quelque chose. Avec James Gelfand à l’Air Du Temps aussi. Il y aussi quand on a enregistré dans le studio de Bernard Ouellette, notre deuxième album, la pièce Les Chemins d’Ivoire, une ballade de Sylvain, on l’a enregistré trois fois et la vitesse et durée des trois enregistrements était parfaitement identique (6;12), sans métronome. C’est un bon feeling et on était bien connecté.

Claude Thibault – Et vos projets respectifs a venir ?

Sylvain Provost – On va jouer au en duo à la Salle Bourgie cet automne. J’ai un projet de duo électronique avec Frédéric Alarie qu’on va bientôt enregistrer. On va mélanger ça avec des tounes ben mélodiques, ça fait très crossover, l’enregistrement de Mystic Mind avec l’Orchestre national de jazz de Mtl, de Jean-Nicolas Trottier, un excellent compositeur.
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Sylvain Provost, guitare
Norman Lachapelle, basse


Claude Thibault, éditeur – contacter / Facebook

C’est pour soigner son blues post-FIJM 2002 (après toute cette extravagance musicale le quotidien en prenait un coup!) que Claude lançait le 1e janvier 2003 la toute première version de sortiesJAZZnights.com. 16 ans et quelques versions plus tard l’aventure et la mission de faire connaître le jazz d’ici se poursuit!

 

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