
Montréalais d’origine haïtienne, le souffleur et multi-instrumentiste d’exception Jowee Omicil fera une trop rare visite dans sa ville natale le 3 juillet dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal @ Gesù (22 h 30). Jowee Omicil @ FIJM y présentera pour l’occasion l’essentiel de son acclamé nouvel album Spiritual Healing : BWA Kayiman Freedom Suite, lancé en décembre dernier.
Jowee Omicil – l’entrevue
Dans cette entrevue avec le charismatique et volubile Jowee on parle de jazz, de sa phrase « I want jazz to be popular right now », comment il a influencé Esperanza Spalding et Robert Glasper, la rencontre du free (il préfère le terme musique inspirée et improvisée) et de la musique haïtienne sur Spiritual Healing, comment cet album se démarque de Let’s BASH, le fait que cet album c’est une pièce improvisée pendant une heure décortiquée en 21 pièces, l’histoire et la révolution du BWA Kayiman – une mémoire haïtienne de 1791, la mémoire des artistes qu’il honore sur BWA Cayiman, sa rencontre backstage avec Ornette Coleman au FIJM 2009 et ses rencontres subséquentes, son tout récent concert acclamé @ Ronnie Scott’s de Londres, ce retour @ Montréal pour lui et sa rencontre avec sa famille (qui y sera le 3 juillet), la célébration de ce concert et a quoi on peut s’attendre, son invitation personnelle a vous pour ce concert épique, sa connexion @ Montréal, le fait qu’il a été le maître de la cérémonie du 85e de Quincy Jones, ses études @ Berklee qu’il a réussi avec honneurs, ses tournées avec Roy Hargrove, Richard Bona, Marcus Miller, plus ses invités le guitariste Harold Faustin et le batteur Ronnie Desinor (Anomalie). Merci Jowee!
Spiritual Healing : BWA Kayiman Freedom Suite – la révolution de ses ancêtres
La cérémonie du Bois-Caïman du 14 août 1791 est le premier grand soulèvement collectif d’Haïti contre l’esclavage. Sur Spiritual Healing : BWA Kayiman Freedom Suite, Jowee Omicil interprète à sa manière la révolution de ses ancêtres. Il a rassemblé toutes ses chambres à air, soprano, alto, ténor, bois, clarinettes, flûte piccolo, cornet, ce qui souffle, ce qui vente, ce qui gronde. C’est une longue cérémonie d’exorcisme, pour balayer la terre des miasmes.
Spiritual Healing : BWA Kayiman Freedom Suite est une incantation, une thérapie, il nettoie le monde en puisant dans la mémoire fantasmée de la révolution haïtienne. Ce disque est au croisement de la médecine et de l’histoire racontée aux enfants, c’est une berceuse et un appel à l’insurrection.
Une longue improvisation découpée en 21 séquences
Pour cette longue improvisation, découpée en 21 séquences qui sont autant de rites, Jowee Omicil a levé une petite armée de créoles par héritage et de créoles par vocation. Les claviers de Randy Kerber et Jonathan Jurion ; les percussions d’Arnaud Dolmen et Yoann Danier ; la basse de Jendah Manga. Ils n’ont peur de rien ensemble, ni des profondeurs ni de la beauté, ils traquent des animaux mythologiques, exhument des continents engloutis, ils exigent du son ce que les yeux ne peuvent voir. Et de cette entreprise mystique, dont tous les secrets restent intacts, il demeure une expérience inouïe de liberté. Une cérémonie d’une heure d’improvisation non-stop, une cérémonie sacrée de guérison à des fins de méditation.
Pour ce gamin de Montréal, fils de pasteur haïtien qui a chanté Jésus sur tous les tons, ensuite Michael Jackson et ensuite 2Pac, qui a appris le jazz auprès de celui qui l’a déconstruit (Ornette Coleman, autre maître du vent, dans son loft de Manhattan), la cérémonie a forcément le goût du free. Il existe des Freedom Suites, de Sonny Rollins, de Max Roach, d’autres ; des musiques–prières, des musiques capables de briser les chaînes dans la tête avant de les entamer sur les poignets, des musiques de pouvoir noir et de magie blanche. Des musiques qui ne distinguent pas la bataille et la consolation.
Artiste unique, Jowee Omicil a travaillé avec des artistes tels que Roy Hargrove, Pharoah Sanders, Tony Allen, Kenny Garrett, Jacob Desvarieux, Glen Ballard, Harold Faustin et Michel Martelly. Il était le maître de cérémonie de la célébration du 85ème anniversaire de Quincy Jones au Festival de Montreux. Il a également joué dans la série Netflix The Eddy, produite par Damien Chazelle, et le film Le temps d’aimer réalisé par Katell Quillévéré (sélection Festival de Cannes 2023).
Jowee Omicil @ FIJM le 3 juillet @ (22 h 30)
Gesù – 1200 rue Bleury
Jowee Omicil : sax, clarinette, trompette de poche, cornet, flute piccolo, voix
Jonathan Jurion : claviers/piano
Jendah Manga : basse
Yoann Danier : batterie
Franck Mantegari : batterie
Invités :
Harold Faustin : guitare
Ronny Desinor : batterie (Anomalie)
photo : Renaud Montfourny
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Ce concert est d’ailleurs une de nos suggestions du FIJM 2024