
Oui vous avez bien lu, j’ai (Claude Thibault de ce magazine) eu le plaisir de discuter avec mon quasi-homonyme le vocaliste Claude Arnold Thibault alias Scat C.A.T. qui lance l’album Vodova Day ce mardi 25 octobre @ la Maison de la culture NDG. Comme j’étais présent lors d’une session d’enregistrement de l’album au studio Boutique du Son de George Doxas, j’en savais déjà un peu…
Claude Thibault : Salut Claude, bravo pour ce nouvel album que tu lances ce vendredi. Enfin ça y est, t’arrives au fil d’arrivée!
Scat C.A.T. : Merci Claude! J’en ai mis du temps, mais mieux vaut tard que jamais.
Claude Thibault : Qu’est-ce qui fait qu’après toutes ces années c’est maintenant que tu lances ce nouvel album au royaume du scat?
Scat C.A.T. : C’est l’aboutissement de toutes mes années comme musicien. J’ai évolué comme musicien-chanteur dans beaucoup de bands différents, de jazz, de rock, de blues, de conventions, j’ai fait des revues musicales comme comédien-chanteur…et entretemps, j’ai développé une passion pour le scat. J’ai laissé la basse pour m’y consacrer, en marge de ma carrière d’enseignant de musique. J’ai fait des spectacles un peu partout – dans des bars et sur des grosses scènes – mais je n’avais jamais pensé à faire un album parce que c’est la scène que j’aime, le contact avec le public. C’est la multiplication de mes « démos » qui m’a fait penser que je devrais plutôt me concentrer à faire un album professionnel. Un concours de circonstances a fait que ce n’est que cette année que j’ai trouvé l’équipe parfaite, et j’ai plongé.
Claude Thibault : Et pourquoi le scat? qu’est-ce qui t’attire dans cette forme de jazz ?
Scat C.A.T. : Je suis d’abord un musicien. Chanter et jouer de la basse en même temps, c’est ce que j’ai toujours fait. Mais au fil du temps, le plaisir de chanter a dépassé de beaucoup celui de jouer de la basse. Le scat, ça me permet d’improviser et donc de m’exprimer comme musicien. C’est pour ça que ça m’attire autant.
Claude Thibault : Ton inspiration dans tes improvisations?
Scat C.A.T. : Je m’inspire de musiciens, c’est eux que j’écoute plus souvent. Bien sûr, il y a des chanteuses et des chanteurs que j’aime bien, les Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Bobby McFerrin, Al Jarreau et compagnie que j’aime beaucoup mais je m’inspire surtout de Chet Baker parce que c’est un musicien. Mes autres inspirations pour mes solos, ce sont des musiciens qui ne chantent pas.
Claude Thibault : La musique que tu écoutes en conduisant?
Scat C.A.T. : De la musique de musiciens. Beaucoup de Chet Baker. Sinon, John Coltrane, Miles Davis, Dexter Gordon… je suis un peu borné sur mes choix (rires).
Claude Thibault : Pourquoi ce nom Vodova Day?
Scat C.A.T. : C’est l’idée fantastique de ma conjointe Anne-Marie qui, en écoutant mes scats, a découvert que j’utilisais assez souvent l’onomatopée « dey ». Ça lui a fait penser à « day » qui revient régulièrement dans les titres d’albums de jazz. En mettant les paroles bilingues d’Autumn Leaves dans le livret, elle s’est amusée à transcrire le scat que j’avais improvisé, comme si c’était des paroles – les gens pourraient ainsi scatter avec moi ou même faire du karaoke! – et ce faisant, elle a trouvé plusieurs combinaisons intéressantes avec « day ». On aurait pu choisir Timulu Day ou Fadada Day, mais on trouvait que Vodova Day sonnait mieux (rires).
Claude Thibault : Tu viens d’une grande famille avec plusieurs musiciens qui sont d’ailleurs sur l’album : Yvon Thibeault (batterie), Chantale Thibeault (voix), Serge Thibault (saxophone ténor) et Jean-Luc Thibeault (trompette/bugle) – avec une telle famille pouvait-tu devenir autre chose qu’un musicien?
Scat C.A.T. : Je ne crois pas. Comme on était 18 enfants, plusieurs ont dû être pris en charge par les bonnes sœurs de la charité. Ce sont elles qui nous ont initiés à la musique. Je les en remercie car la musique nous a beaucoup aidés. Presque tous mes autres frères et sœurs chantent. C’est grâce aux bonnes sœurs de la charité s’il y a six musiciens dans la famille.
Claude Thibault : Qui influençait qui musicalement entre tes frères et ta sœur?
Scat C.A.T. : On s’influençait tous. Mon frère Jean-Luc a été le premier à écouter du jazz, suivi de mon frère Serge. Ensuite j’ai suivi. J’ai acheté mon premier album de Cannonball Adderley et Miles Davis quand j’avais 17-18 ans et tout s’est enchaîné ensuite. Mon frère Jean-Luc voulait partir un band et il a décidé d’y inclure mon frère Gaston à la trompette et moi qui chantais. Mais pour ça, je devais aussi jouer de la basse. Alors j’ai appris la basse… à cause ou grâce à mon frère Jean-Luc!
Claude Thibault : Qu’est-ce que tu aimerais dire de plus à nos lecteurs sur le 25 octobre?
Scat C.A.T. : Soyez-y! Ça va être un super bon show, si vous aimez le scat. Je suis entouré de fabuleux musiciens : John Sadowy au piano, Frédéric Alarie à la contrebasse, Vincent Ravary à la batterie, Ron Di Lauro à la trompette et André Leroux au saxophone ténor… Il ne faut pas manquer ça!
Claude Arnold Thibault alias Scat C.A.T. lance Vodova Day
Maison de la culture NDG – 3755 Botrel
Mardi le 25 octobre @ 20 h
Claude Arnold Thibault SCAT C.A.T. – voix
André Leroux – sax ténor
Ron Di Lauro – trompette
John Sadowy – piano
Frédéric Alarie – contrebasse
Vincent Ravary – batterie
Claude Thibault parle avec Claude Arnold Thibault alias Scat C.A.T.
Entrevue : Claude Thibault
Ron Di Lauro nous parle musique, Big Band de l’UdeM, Elliot Mason et Ron Carter