
Une belle ambiance règne a la Maison symphonique en attente de Brad Mehldau en ce dernier vendredi de janvier 2024. Pas d‘entrevue avec l’illustre pianiste, ni de vidéo du concert, mais j’y suis pour vous le raconter, armé de mon iPad. Le tout avec les photos de Pierre Langlois.
Brad Mehldau se lance avec John Boy, The Falcon Will Fly Again et In The Kitchen
Le pianiste arrive sur scène et prends place au piano. La première pièce évoque Blackbird, ce classique des Beatles qu’on aime bien mais non c’est John Boy de l’album Highway Rider.
Il poursuit sur The Falcon Will Fly Again, une autre pièce du même album avec un peu plus de rythme – le public est attentif et son jeu nous transporte supporté par la magnifique acoustique de la Maison symphonique. Le rythme change bonifié de subtile improvisations…est-ce la même pièce ou ce qu’on est passé a une autre pièce ?
In The Kitchen est légèrement infusée de r&b / blues mais je doit changer de place, mon clavier ipad fait trop de bruit même si je fait très attention, l’acoustique de la salle prends tout et ça dérange le public très concentré sur la musique. C’est tout de même Brad Mehldau solo, l’écoute est a son maximum. Pour revenir a In The Kitchen, le langage de ses deux mains nous offre un fluidité impressionnante, simple malgré sa complexité.

Photo : Pierre Langlois
Brad Mehldau nous parle un peu
Il nous parle un peu et annonce Satellite et Color Bars d’Elliot Smith. Satellite, c’est comme une cascade de sons qui coulent sans cesse et sans fin. Color Bars c’est un peu plus sombre, mais joyeux et garni d’improvisations. Le jeu de sa main gauche semble connecté sur un autre cerveau que celui de la main droite.
Plus douce There’s Your Grace – une de ses pièces – a un petite saveur classique qui est touchante et le public médite. Il y a quelque chose de légèrement spirituel.
Penché sur le piano sa passion transporte la musique et le public dans un Optimistic de Radiohead qui illustre bien le travail des deux mains et leur complicité.
She Said She Said de Lennon/McCartney, If I Needed Someone de George Harrison et Don’t Let It Bring You Down de Neil Young se succèdent comme des tableaux qui passent sous nos yeux, sa musique méditative et intérieure.
A quelque part entre le classique, le jazz et autres genres (non mais quel piège la définition des genres musicaux!) son langage unique se glisse sous notre peau et on oublie le moment présent…on sent l’énergie monter a chaque pièce, mais tout est contrôlé, sans excès. Une belle part de son talent se révèle dans cette capacité a faire parler ce piano sobrement tout étant joyeux.
On passe a Resignation, Paris et Remembering Before All This, trois compos du pianiste.

Photo : Pierre Langlois
Any special requests ?
Il reprends le micro et nous demande très doucement ce qu’on veut entendre. La foule clame plusieurs de ses classiques, comme ce Blackbird.
Il nous offre Waltz For J.B. Une de ses compos. C’est bluesy, avec enchainements, progressions et phrasé qu’on lui reconnaît. Quel pianiste envoûtant !
On passe a Golden Slumbers – il aime bien les Beatles – cette pièce démontre l’habilité qu’il possède de tourner autour d’une mélodie en la bonifiant avec son langage coloré tout en la déconstruisant. Sous ses doigts le piano parle au cœur. Et on arrive à la fin.
Il quitte la scène.
Le foule est enthousiaste, est débout et en redemande.
Rappels
1e rappel : Il reviens avec Maybe I’m Amazed. Cette très belle pièce du 1e album de Paul McCartney finira peut-être la soirée. Elle est courte mais savoureuse.
2e rappel : Je reconnais tout de suite Don’t Think Twice It’s Allright de Bob Dylan.
3e rappel : Cette fois-ci il nous donne Dis Here de Bobby Timmons sur lequel il nous lance quelques improvisations bien senties, sa remarquable main gauche virevolte et prends toute sa place.
4e rappel : La soirée se termine finalement sur How Long Has This Been Going On de George Gerswin, jouée ballade, avec une improvisation octanisée mais pas trop longue, pour finir ce très beau concert.
Merci Brad!
Claude Thibault – éditeur
Pierre Langlois – photographe
Programme du 26 janvier 2024 @ La Maison symphonique (Montréal)
John Boy – Brad Mehldau
The Falcon Will Fly Again – Brad Mehldau
In the Kitchen – Brad Mehldau
Satellite – Elliot Smith
Color Bars – Elliot Smith
There’s Your Grace – Brad Mehldau
Optimistic – Radiohead
She Said She Said – Lennon/McCartney
If I Needed Someone – George Harrison
Don’t Let It Bring You Down – Neil Young
Resignation – Brad Mehldau
Paris – Brad Mehldau
Remembering Before All This – Brad Mehldau
Waltz for J.B. – Brad Mehldau
Golden Slumbers – Lennon/McCartney
Maybe I’m Amazed – Paul McCartney
Don’t Think Twice, It’s All Right – Bob Dylan
Dis Here – Bobby Timons
How Long Has This Been Going On – George Gershwin