Aaron Parks – By All Means (2025)

Aaron Parks - By All Means (2025)

Avec By All Means (2025), Aaron Parks signe un retour au jazz acoustique plus traditionnel, un virage signalé dès la pochette de l’album avec sa typographie évoquant les grandes heures du catalogue Blue Note des années 1960.




Après les explorations hybrides de Little Big III (2024), le pianiste et compositeur réunit son trio de longue date avec Ben Street à la contrebasse et Billy Hart à la batterie, auquel s’ajoute le saxophoniste Ben Solomon. Le résultat un quartet au service de compositions élégantes, certes plus prévisibles que celles auxquelles Aaron Parks nous a habitué dans ses récents albums, mais on se plaît à découvrir ce côté à la fois swingé et lyrique du musicien.



A Way – une atmosphère suspendue


L’album s’ouvre sur A Way, une ballade très libre aux subtils accents de Duke Ellington. Le jeu de balais de Billy Hart, la contrebasse souple et les textures de piano feutrées installent une atmosphère suspendue, presque méditative. Le saxophone rond et chaleureux de Ben Solomon plane au-dessus avec une expressivité marquée par une économie de moyens, sans flafla, conférant au morceau une tension émotionnelle immédiate.




Parks Lope offre un autoportrait musical aux allures post-bop


Plus animée, Parks Lope offre un autoportrait musical aux allures post-bop, porté par une pulsation légèrement instable et un swing feutré. Les phrases anguleuses du piano évoquent parfois celles de Thelonious Monk, tandis que le saxophone de Ben Solomon adopte une approche encore une fois mesurée, loin de toute démonstration. Composition d’adolescence du pianiste, Anywhere Together fait quant à elle surgir une énergie plus directe, notamment avec ses échanges vifs entre la section rythmique et les solistes, témoignant de la prise de maturité manifeste d’Aaron Parks.




Les ballades occupent une place centrale sur By All Means (2025), comme la lumineuse For María José dédiée à l’épouse du pianiste, qui se déploie sur une rythmique très apaisée, tandis que Little River avance tout en douceur comme une valse berçante. Sur Dense Phantasy, Aaron Parks mêle les brumes de Bill Evans et de Duke Ellington dans un dialogue intimiste, presque murmuré, avec le saxophone de Ben Solomon. L’album s’achève sur Raincoat, ballade impressionniste qui nous laisse sur une rêverie douce et chaleureuse.


Loin d’être un manifeste, By All Means (2025) s’impose davantage comme un retour aux sources à la fois sensible, sincère et profondément humain.


A Way / Parks Lope / For María José / Dense Phantasy / Anywhere Together / Little River / Raincoat



Blue Note
site web
facebook
instagram
youtube
bandcamp 


Aaron Parks – piano
Ben Salomon – saxophone
Ben Street – basse
Billy Hart – batterie


Photo : Isaac Namias


Little Big III sur l’étiquette Blue Note


Arnaud G. VeydarierArnaud G. Veydarier : arnaudgveydarier@gmail.com /  Facebook / twitter

Arnaud G. Veydarier est guitariste, a étudié la musicologie à l’Université de Montréal et nourrit un intérêt prononcé pour le jazz, la musique contemporaine et les liens entre musique et développement urbain. Il est également impliqué au Centre de musique canadienne du QC. Chaque semaine il nous propose un bon plan et chaque deux semaines un album.

 

Laisser un commentaire

Aaron Parks - By All Means (2025)

Abonnez-vous à l'infolettre sortiesJAZZnights.com

Et recevez chaque jeudi toutes les nouvelles de la grande famille du jazz du Québec et d'ailleurs incluant nos chronique d'albums, tel que By All Means (2025) du pianiste Aaron Parks...

Merci de votre abonnement à notre infolettre !