
Certains soirs, le blues ne se contente pas de nous effleurer, mais il nous enveloppe plutôt lentement, comme un géant majestueux. Jeudi soir le 1e juillet 2026, dans la Maison symphonique comble dans le cadre du FIJM 2026, Taj Mahal (84 ans) nous a rappelé qu’il fait partie de ces artistes rares qui n’ont plus rien à prouver, mais qui ont encore tout à donner. Dès son entrée en scène, sa silhouette apaisante et son sourire en coin ont captivé l’auditoire. Il a immédiatement imposé ce mélange unique de tendresse et de force qui le distingue. Et l’espace du concert la Maison symphonique se transforme en « juke joint d’antan ».

Dès les premières notes, j’ai pensé au regretté Dr, John, ainsi qu’à John Lee Hooker et à James Cotton
Henry St. Claire Fredericks, dit Taj Mahal, est entré sur scène doucement. Il faut admettre qu’avec les années, ce colosse du blues a perdu en souplesse, mais cela importe peu. Une bête de scène à l’humour caustique qui maîtrise un français de style louisianais. Il fallait donc tendre l’oreille. Mais ce n’était pas le plus important. Avec ses Phantom Blues, il a réécrit en une seule soirée la longue histoire du blues, tant électrique qu’acoustique. Dès les premières notes, j’ai pensé au regretté Dr, John, ainsi qu’à John Lee Hooker et à James Cotton. Ces artistes, habitués aux succès, n’étaient pas gênés par les fleurs du tapis, parce que leur parole est universelle.
Taj Mahal, c’était un spectacle rodé, mais jamais studieux ni envoyé
C’était un spectacle rodé, mais jamais studieux ni envoyé. Nous sentions que cet homme était venu pour s’amuser et votre serviteur, qui en a vu plusieurs, vous confirme que ce fut un véritable bonheur ! Avec « Mr Piu » à l’orgue Hammond B-3 ainsi qu’au clavier, avec ses cuivres et l’excellent soutien rythmique (guitare électrique, basse, percussions, batterie), rien n’a entaché cette soirée mémorable.

Prenons l’exemple de Going up to the Country, Paint My Mailbox Blue
Prenons l’exemple de Going up to the Country, Paint My Mailbox Blue. De judicieux riffs, une voix prenante, des accords parfaits tout comme Whammy On Me, ou il fut question, d’alcool, de femmes fatales et d’un petit tour en prison. Il y avait une grande admiration pour cet homme grand, qui se connectait profondément avec son public , en révélant l’essence même du blues. Ce fut un long voyage au sud, celui des déracinés, des gens simples et de la vie, parfois tragique.

Un artiste, maniant des pinceaux de blues !
En seulement 90 minutes, il a couvert un vaste territoire, offrant une musique irréprochable et laissant une place généreuse à ses musiciens. Alternant entre la guitare acoustique, le dobro et l’harmonica, rien n’a entaché cette soirée. C’était un régal inattendu et varié qui se termina en chœur avec Way Back Home. Un artiste, maniant des pinceaux de blues !
Taj Mahal & The Phantom Blues Band @ la Maison symphonique – FIJM 2026
Jeudi 2 juillet 2026
photos – une gracieuseté du FIJM 2026
Frédérique Ménard-Aubin
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique culturelle a La Métropole et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
Le 46e FIJM – 25 juin au 4 juillet 2026
L’indéfinissable Holly Cole @ Festival Sherblues / Théâtre Granada (3 juillet 2026)


