
En cette veille du Festival International de Jazz de Montréal, nous avons une autre belle nouveauté : Tanagra (2026). Tout en finesse, l’esprit oscille entre le parfum ECM et celui du Bill Evans des années 60. On peut dire qu’on est gâtés. Au cœur de ce jazz très poétique, on retrouve le saxophoniste et compositeur Richard Savoie, le pianiste Eric Harding, le contrebassiste Jonathan-Guillaume Boudreau, ainsi que le batteur Simon Bergeron.
Ched’s Waltz – un écrin pour le contrebassiste
Parlant d’esthétisme de grand cru, nous vous invitons fortement à écouter deux fois plutôt qu’une : Ched’s Waltz. Un écrin pour le contrebassiste qui livre une musique un peu douloureuse, avec le saxophoniste qui se tient véritablement à ses côtés, évoquant juste un peu le Stan Getz de People Time. Des notes justes et de circonstances.
Dissonance sociale ne s’apparente pas au fracas
Malgré son titre, Dissonance sociale ne s’apparente pas au fracas, mais à la réflexion. Tout un chacun dessine des lignes mélodiques élégantes avec la juste dose de modernité. Une émancipation mélodique ! Quant au jeu du pianiste, il pourrait être comparé à celui de Bill Evans de ses belles années.
Massawipi Mud inscrit sa forme de blues dans notre été
Dans un autre genre, qui pourrait parfaitement convenir aux romans louisianais du célèbre James Lee Burke, Massawipi Mud inscrit sa forme de blues dans notre été. Entre le pianiste qui déploie ses ailes et le saxophoniste à la sonorité un peu tranchante. La musique distille une forme de mélancolie qui évoque la séduction. Un chant naturel où tout un chacun peut s’exprimer. Des jeux aériens, de la force, ainsi que de l’audace.
Autant vous dire que Tanagra (2026) est un bijou qui fait le pont entre le présent et un passé qui sert encore de référence. C’est ainsi que cette approche du jazz nous rend on ne peut plus heureux.
Voici un présent estival qui illuminera vos journées, apportant des éclats de soleil supplémentaires.
Ched’s Waltz / Sabbia e Clessidra / Dissonance sociale / Massawippi Mud / Only One / Pas de mots / Tanagra
Simon Bergeron – batterie
Jonathan-Guillaume Boudreau – contrebasse
Éric Harding – piano
Richard Savoie – saxophone
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique culturelle a La Métropole et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.
Maxime Racicot et Jonathan-Guillaume Boudreau – Enfin ! (2025)


