Valérie Lacombe lance State of Garden and Shadow (2026) @ Lion d’Or (29 avril) + entrevue

State of Garden and Shadow de Valérie Lacombe @ Journée Internationale du Jazz à Montréal (29 avril)

Valérie Lacombe, batteuse et compositrice bien établie sur la scène jazz de Montréal depuis plusieurs années, sera entourée d’une excellente formation pour cet événement qui aura lieu le 29 avril prochain à partir de 20 h au Cabaret Lion d’Or. Ce concert de lancement de State of Garden and Shadow (2026)  qui s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale du Jazz 2026 à Montréal promet une soirée enlevante ou le public pourra découvrir la musique unique de Valérie Lacombe. Exceptionnellement notre bon plan jazz de la semaine est doublé d’une entrevue avec la musicienne.




State Of Garden And Shadow (2026) – une nouvelle étape dans son parcours musical


Valérie Lacombe est une batteuse et compositrice de jazz basée à Montréal. Elle a complété une maîtrise en jazz performance à l’Université McGill et c’est à ce moment qu’elle a composé les pièces de son tout nouvel album, State Of Garden And Shadow (2026). Cet album, enregistré en 2024, regroupe des compositions originales ainsi qu’une reprise d’une pièce du grand saxophoniste Benny Golson. Valérie Lacombe, qui peut être entendue plus récemment avec l’excellent collectif Ostara Project, affirme une nouvelle étape dans son parcours musical en tant que leader et compositrice avec ce premier album.


Un ensemble « chordless » avec Camille Thurman, Caoilainn Power et Mike De Masi


Le groupe pour le concert du 29 avril, qui ressemble beaucoup à celui de l’enregistrement, sera formé de Valérie Lacombe à la batterie et aux compositions, Camille Thurman au saxophone ténor, Caoilainn Power au saxophone alto et Mike De Masi à la contrebasse, qui remplace le contrebassiste Ira Coleman qui a enregistré l’album. La formation, qui inclut deux saxophonistes et aucun instrument harmonique comme le piano et la guitare, propose une instrumentation de type « chordless » qui est de plus en plus populaire dans le jazz contemporain.

En effet, Valérie Lacombe dit avoir été influencée par les albums d’Elvin Jones qui adoptent cette instrumentation lors de la composition de pièces. Cette musique combine une forte direction rythmique apportée par la batterie et la contrebasse ainsi qu’une grande liberté harmonique et mélodique dans les improvisations des deux instruments à vent.




Le Cabaret Lion d’Or va donc accueillir Valérie Lacombe et son quartet pour ce lancement d’album très prometteur. L’ambiance feutrée de cette salle va certainement se porter à merveille à cette représentation organisée par Divertissement Mercier et Martine Labbé.


Samuel Lechasseur : samuel.lechasseur@mail.mcgill.ca

Samuel Lechasseur est un guitariste actif sur la scène jazz montréalaise. En plus de sa carrière d’instrumentiste et de compositeur, il est également passionné par l’enseignement de la guitare et de la musique. Il a complété des études en guitare jazz à l’Université de Montréal et à l’Université McGill. Il délaisse sa guitare préférée depuis janvier 2025 quelques instants pour le clavier afin de nous proposer dorénavant chaque semaine notre suggestion de la semaine : le bon plan jazz.


Entrevue : Valérie parle de State of Garden and Shadow (2026) avec Charlotte Désilets




Charlotte Désilets : Ton album State of Garden and Shadow (2026) est sorti ce matin, je l’ai écouté, c’est magnifique.

Valérie Lacombe : Je me sens super bien. Ça fait deux ans que j’ai enregistré cet album-là. Je suis contente que finalement il soit en ligne et que tout le monde puisse l’écouter.

Charlotte Désilets : C’est quoi le contexte de State of Garden and Shadow (2026) ?

Valérie Lacombe : C’était mon projet de thèse de maîtrise à McGill.

Charlotte Désilets : Qu’est-ce qui a fait que ça prenne deux ans avant de le partager ?

Valérie Lacombe : Je pense que j’y suis allée une étape à la fois, puis je me suis laissé le temps que ça a pris. Ça a pris deux ans, pis c’est correct.

Charlotte Désilets : Parles-moi d’avantage de State of Garden and Shadow

Valérie Lacombe : Le titre a été inspiré par une lecture que j’avais faite pendant ma maîtrise à McGill. C’est un livre de Clarice Lispector. C’est une petite nouvelle qu’elle a écrite après une séparation. C’est un texte tourmenté, comme une ligne de pensée continue. Elle parlait du fait de devoir prendre un moment pour elle pour se rebâtir, puis travailler à mettre de l’attention sur les choses qu’elle voulait travailler. Prendre un moment pour réfléchir puis bâtir quelque chose de nouveau. Quand j’ai lu ça, je me suis vraiment reconnue.

À McGill, quand j’ai dû composer une heure de musique originale, c’était la première fois que je découvrais un peu les sons qui venaient à moi, mon esthétique de composition et tout. J’ai senti qu’une étape nécessaire avait été de prendre du recul, de me créer un espace où je pouvais couper ce qui se passait autour de moi, me concentrer sur la composition. Puis ça m’avait vraiment frappé, cette phrase-là dans le livre : State of Garden and Shadow, illustration de travailler à cultiver un jardin. Ça prend du temps, c’est beaucoup de travail, mais il y a tellement de beauté qui en ressort. Tu plantes des graines, tu sais pas trop vraiment où ça va aller… il y a une espèce de magie qui ressort de tout ça. J’avais connecté avec cette image-là, puis je l’ai gardée. Je sais pas si ça te fait ça toi aussi, mais pour moi les titres se présentent souvent d’eux-mêmes, s’imposent d’eux-mêmes. Des fois, à un certain stade de la création, il y a comme un titre qui apparaît, puis c’est comme bon, ça va être ça.



Valérie Lacombe lance State of Garden and Shadow (2026) @ Lion d'Or (29 avril) + entrevue


Charlotte Désilets : Plus souvent, le titre vient-il d’une source d’inspiration externe ou de l’émotion que tu voulais mettre dans la chanson ?

Valérie Lacombe : Dans le fond, la musique, je ne l’ai pas composée à partir d’un sentiment ou d’un concept. J’ai travaillé avec Kevin Dean; c’était mon superviseur de thèse. Puis je lui ai dit « Ça fait des années que je suis des cours de théorie, puis d’harmonie et tout, mais je ne sens pas que j’ai les outils nécessaires pour composer un album complet. » Puis lui, il m’a donné une méthode qui était excellente, que je vais garder toute ma vie pour composer. Il m’a dit, « Enregistre des voice memos sur ton téléphone, de mélodies que tu entends. Puis ensuite, tu vas transcrire les mélodies qui sont sur ton téléphone, celles que t’aimes. Plus tard, celles qui sont de ton goût, tu vas les transcrire. De là, tu vas travailler à aller chercher une ligne de basse, puis l’harmonie et tout ça. » Mais il m’a fait réaliser que si je prenais le temps d’écouter, de me poser, puis d’écouter les sons que j’entendais, j’avais accès à beaucoup de mélodies, beaucoup, beaucoup de musique. Ça a été un processus super enrichissant pour moi, puis vraiment valorisant. J’écoutais ce que j’entendais, puis, de la mélodie se formait un monde. Par après, je pouvais y attacher des émotions, des sentiments. Pour la plupart de l’album, ce sont des thèmes qui me touchaient, avec lesquels j’étais vraiment comme familière à ce moment-là dans ma vie.

Charlotte Désilets : Comme quels thèmes ?

Valérie Lacombe : La construction artistique, l’identité artistique, le travail, la relation entre la lumière puis la noirceur, ça c’est comme un concept auquel j’ai pensé aussi pendant la pandémie. J’avais lu un livre de Rebecca Solnit, ça s’appelle Hope in the Dark, puis il y avait une belle image d’appréciation pour la noirceur dans le sens où ça représente l’inconnu et donc peut-être quelque chose de formidable. J’ai trouvé ça intéressant de constater que ce qui est ressorti de l’album, c’est de la noirceur, mais aussi beaucoup de couleurs, de lumières…


Charlotte Désilets : La littérature, ça l’enrichit beaucoup ta pratique, on dirait ?

Valérie Lacombe : Ouais, ça me nourrit comme personne, puis comme artiste. Les mots, ça m’a toujours fascinée. Même quand j’ai commencé à jouer de la batterie, je disais que c’était parce que ce langage musical-là me servait plus que les mots. Puis je pense que c’est parce que j’ai tellement lu des auteurs, des autrices extraordinaires que j’ai toujours été un peu frustrée avec ma façon de communiquer avec les mots. Mais à la batterie, en jazz, là je sentais que je pouvais m’exprimer avec plus de facilité.

Charlotte Désilets : Est-ce que tu as déjà fait ou pensé faire des collaborations avec des auteurs, ou bien pensé à toi-même insérer de la poésie dans tes pièces ?

Valérie Lacombe : Pas encore, mais je serais pas étonnée qu’un jour, ces deux mondes convergent. Même chose pour l’art visuel. J’aime quand l’art est représenté de façon générale.

Charlotte Désilets : Retournons à ton album qui est sorti aujourd’hui. Tu te prépares à le jouer en tournée ?

Valérie Lacombe : Oui, je vais faire une tournée à travers le pays. Ça, c’est une idée qui m’était venue, ça doit faire plus que deux ans, où je me suis vue dans une voiture _ j’ai même pas de voiture moi-même _ à conduire à travers le pays, puis engager des musiciens locaux…Cette idée-là m’est restée, c’est comme devenu…Un but pour moi. Puis là, ça s’est finalement concrétisé. Je me suis dit, peu importe si j’ai du financement ou pas, je me lance et je le fais. Je m’étais dit que j’allais dormir dans la voiture s’il le fallait pour éviter de payer un hôtel. Mais finalement, j’ai eu une bourse du Conseil des arts du Canada pour financer la tournée.

Donc c’est ça, je vais jouer à Gatineau, à Ottawa, à Toronto, à Kitchener-Waterloo, Winnipeg, Regina, Calgary, Edmonton, Vancouver. Je vais partir le 11 mai, puis je vais arriver à Vancouver en début juin, puis je vais revenir en avion le 5 juin. Je vais jouer avec des musiciens locaux. Je trouve ça vraiment plaisant de me dire que des musiciens que j’admire à travers le pays vont connaître mes compositions originales. J’ai vraiment hâte de les rencontrer, puis de voir comment mes pièces vont évoluer, changer avec tous ces différents groupes avec qui je vais jouer.



Charlotte Désilets : Tu avais de très bons musiciens quand t’as enregistré l’album. Est-ce que tu peux me parler des personnes que t’as choisies pour jouer avec toi ? Quel son voulais-tu qu’ils amènent sur cet album-là ?

Valérie Lacombe : Quand j’ai composé l’album, j’écoutais beaucoup, beaucoup d’Elvin Jones, Jazz Machine, les albums qu’Elvin Jones avait fait avec Dave Lehman, puis les albums où il n’y avait pas d’instruments à accords. Déjà là, c’était comme une esthétique que je recherchais. Je savais que je voulais composer pour deux saxophones, contrebasse et batterie.

Et puis Caoilainn Power, celle qui joue de l’alto sur mon album, ça fait des années, depuis le début que j’ai des projets en tant que leader, que je cherche à l’engager. Je travaille avec elle parce que j’adore son son, puis ça adonne qu’elle a écouté beaucoup de musique avec cette configuration-là: deux saxophones, contrebasse et batterie. C’est sûr que je voulais travailler avec elle. Puis, Camille Thurman et Ira Coleman, ce sont deux artistes qui m’ont motivée à retourner à McGill pour faire ma maîtrise. Darrell Green aussi, avec qui j’ai étudié à la batterie.

Ce sont des idoles qui comprennent l’esthétique que je recherche. Donc je me suis dit, « bon, je vais leur demander. Puis si j’ai l’occasion d’enregistrer avec eux, ça va être formidable. » Puis ils on dit «oui». Puis l’enregistrement s’est super bien passé. Tu le sens quand tu travailles avec des vrais professionnels. C’est tellement fluide. L’enregistrement a duré une journée et demie. Il n’y avait pas beaucoup de questions, tout le monde savait quoi faire, tout le monde savait quel son apporter. On avait Darrell Green qui a produit l’album, qui était avec nous en studio. Ça a été super plaisant, vraiment le fun.

Charlotte Désilets : Est-ce que t’as continué à composer depuis ? Est-ce que t’es en train de créer d’autres projets ou t’es plus en jachère ?

Valérie Lacombe : Ben là, je sens que le puit se remplit. J’ai des idées, je ne sais pas trop dans quelle direction je vais aller. J’ai enregistré quelques voice memos pour un prochain projet. À suivre, je pense que je vais me mettre là-dessus quand je vais revenir de ma tournée de lancement. Je vais faire une tournée avec Ostara aussi, la tournée des festivals. Quand tout ça, ça va être terminé, je vais m’installer au piano puis je vais travailler sur le prochain album, mais je suis vraiment rendue accro à composer de la musique originale. Fait que c’est certain que les prochains albums vont avoir en majorité. Comme, la plupart des pièces que je vais enregistrer sur mes prochains albums vont être des compositions originales aussi.

Charlotte Désilets : Ton concert de lancement, tu vas le faire à Montréal, au Lion d’Or, c’est ça?

Valérie Lacombe : Ouais, au Lion d’Or. Ça, c’est cool parce que c’est un événement qui est produit par Divertissement Mercier. C’est Alain Mercier qui est derrière ça. Puis, c’est Il est en collaboration avec Martine Labbé, donc c’est une coproduction. Puis l’événement, c’est pour célébrer la Journée internationale du jazz. C’est un événement qui est célébré comme à l’échelle mondiale depuis, je pense que c’est dans les années 2000, ça a débuté, je ne suis pas certaine de l’année exacte. À chaque année, Alain Mercier organise un événement dans le cadre de cette journée-là. Puis cette année, c’est lui qui m’a contactée. Il m’a dit «J’ai entendu dire que t’avais un projet». Ça a bien tombé, parce que l’album est sorti aujourd’hui mi-avril, puis le spectacle pour la Journée internationale du jazz, ça va être le 29 avril. Donc j’ai eu beaucoup de chance là-dedans, puis son équipe m’a beaucoup aidée avec le lancement. Aller chercher des entrevues et tout ça. Donc oui, j’ai bien hâte. Puis Camille Thurman va être présente, Caoilainn Power aussi, puis ça va être Mike De Masi à la contrebasse, puisque Ira Coleman ne pouvait pas être avec nous, mais on va jouer l’album dans son intégralité avec quelques autres pièces.

Charlotte Désilets : J’ai très hâte de voir ça, puis j’espère que le public de sortiesjazznights.com va être présent aussi pour cette belle soirée-là. Merci beaucoup pour le temps et pour avoir partagé tes idées, ton processus inspirant.

Valérie Lacombe : Merci à toi!


Charlotte DésiletsCharlotte Désilets : charlotte.desilets@gmail.com

La chanteuse de jazz et comédienne Charlotte Désilets nous raconte les passionnants concerts et ses rencontres avec les artistes de la grande famille du jazz.


State of Garden and Shadow (2026) @ Lion d’Or



Valérie Lacombe – batterie
Camille Thurman – saxophone tenor (invitée spéciale)
Caoilainn Power – saxophone alto
Mike de Masi – contrebasse


Mercredi 29 avril 2026
Cabaret Lion d’Or
1676 Rue Ontario E
Montréal
20h (ouverture des portes – 19h)

billetterie

l’événement facebook


Pour en savoir plus :

Alain Mercier
514-802-2400
info@divertissementmercier.com


photo : Flore de Ris
graphisme : Clarice Hana


Place aux Jazzwomen @ la Journée internationale du jazz (30 avril 2025)


 

 

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