Le guitariste Mike Stern (Festi Jazz international de Rimouski) de ce qui l’alluma au jazz, Trip, le Mike Stern Band, Miles, Alain Caron, et plus.

Samedi le 31 août au Festi Jazz international de Rimouski, le guitariste Mike Stern présentera son dernier album Trip. Reconnu sur la planète jazz comme un des plus importants guitaristes de jazz fusion, Mike est de retour en grande forme suite à un accident qui lui fractura les bras et sa main droite. Pour son 2ième concert au Festi Jazz, Mike a repris le dessus et partagera sa flamboyante technique avec Danny Walsh au sax, Edmond Gilmore à la basse et Richie Morales a la batterie.

CT – C’est super de discuter avec toi Mike et j’ai très hâte de te voir au Festi Jazz…c’est quoi la première pièce de jazz que tu as entendu et qui t’a allumé au jazz ?

Mike Stern – Probablement If I Were A Bell (1956) de Miles Davis, ma mère avait ce disque qu’elle faisait jouer et c’était super. Ma mère faisait jouer beaucoup de jazz mais je me souviens de cette pièce. Un autre était Maiden Voyage (1963).

CT – Mike tu sera a Rimouski avec ton quartet pour nous contaminer avec la musique funk fusion post-miles de Trip, ton 17ième album, donc Trip dans le sens du déplacement ? du voyage musical ? où rien de ça ?

Mike Stern – Ça pourrait être tout ça mais pour moi c’est beaucoup plus spécifique. Je suis tombé (I tripped) il y trois ans sur le trottoir à NY et me suis fracturé les deux bras et la main droite. J’ai maintenant un dommage permanent dans ma main droite mais trois mois après l’accident j’avait recommencé à jouer. J’avais un concert avec Chick Corea et je voulais pas l’annuler, j’ai donc trouvé un super médecin qui m’a opéré et qui a fait des transferts de tandons, utilisant d’autres tendons pour tenir mon pic. Et ensuite j’ai trouvé une autre façon de le tenir, car c’était pas assez, avec un peu de colle (wig glue), la colle que Donald Trump utilises tous les jours. Ça fait trois ans que je suis sur la route avec cette technique et tout baigne. Il faut pas lâcher. Évidemment il y a toujours un peu de malaise et de douleur et tout ça mais il faut faire avec et poursuivre. J’ai vraiment eu peur après l’accident et c’est toujours un défi…donc Trip dans le sens de s’enfarger…

CT – J’ai lu un commentaire d’un spectateur d’un de tes concerts qui disait que tu jouais plus vite qu’avant ton accident…

Mike Stern – Il rit…je sais pas mais je continue, et ça se passe bien, et je n’arrêtera pas quelque chose que j’aime comme ça. Et je pense que la musique c’est bon pour notre monde, et on en a besoin, et je suis content d’en faire partie.

CT – Parles-nous du Mike Stern Band…

Mike Stern – Ce band est vraiment super. Edmond Gilmore est un bassiste extraordinaire, et Richie Morales à la batterie qui a joué avec tellement de gens, les Brecker Brothers, et plusieurs autres, et Danny Walsh un saxophoniste incroyable, alors on va avoir beaucoup de plaisir. On viens tout juste de jouer au Blue Note de Tokyo. On se connait depuis des années, je joue avec Richie depuis toujours…la collaboration avec Danny Walsh remonte a un an, Richie viens d’Israel et maintenant il est ici à NY et joue beaucoup beaucoup. Je fait plein de trucs avec plein de gens mais comme c’est mes pièces et compositions, c’est le Mike Stern Band.

CT – Qu’est-ce que tu écoutes comme musique ?

Mike Stern – Surtout du bebop, mais plein d’autres trucs aussi. J’aime aussi le rock, Jimi Hendrix et toute cette musique, j’ai eu  la piqûre très jeune et j’ai toujour aimé. Des fois j’écoute aussi des compositeurs-interprêtes, de la pop que j’écoute à la radio et si j’aime, je monte le son. J’adore aussi le blues.

CT – Quel autre instrument de musique aimerais-tu jouer ?

Mike Stern – Le sax. J’adore Sonny Rollins et tous les autres bon saxophonistes. J’ai aussi travaillé avec Michael Brecker et Bob Berg, les meilleurs, et Joe Henderson, Jerry Bergonzi est un autre saxophoniste extra avec qui j’ai joué. J’adore les lignes mélodiques du sax que j’essaie de reproduire à la guitare, et ce son vocal, ce qui explique pourquoi j’ai tout ces amplis, pour ce
son.

CT – Tu as joué avec une foule d’excellent musiciens incluant Miles mais aussi Jaco Pastorius, les Brecker Brothers, etc. Tu pourrais partager un moment WOW que tu aurai eu avec nos lecteurs ?

Mike Stern – Il y en a tellement. Mais il y aussi de moment drôles. Comme avec Miles à sa maison de Malibu, il avait cuisiné un repas et m’avait dit de sa voix rauque < mets la vaisselle dans le lave-vaisselle >, ce que je fit avec du savon, comme d’habitude mais le lave-vaisselle était défectueux et coulait et il y avait plein de bulles partout alors j’ai demandé à Miles quoi faire et toujours avec cette voix rauque et enroué m’a dit < Fat Time…(il m’appellait Fat Time à l’époque)…parles-moi d’un accord ou d’une gamme mais un lave-vaisselle ? < On a tout laissé et on est parti.

CT – Tu as combien de guitares et quelle joue-tu maintenant ?

Mike Stern – J’en ai quelques unes mais celle que je joue maintenant c’est ma Yamaha Signature Model, le modèle Mike Stern. C’était vraiment cool de la part de Yamaha de créer cette guitare et j’ai embarqué sans hésiter. Ils ont fait du bon boulot, alors c’est sur cette guitare que je joue. Je ne connaissais pas la qualité de leurs instruments et un ami qui réparait les basses de Jaco les aimait beaucoup. Aussitôt que je l’ai jouée j’ai vu la qualité et j’ai aimé.

CT – Comment t’a influencé de jouer avec Miles Davis ?

Mike Stern – De jouer avec du coeur, de le sentir et de le transmettre au public. Mes musiciens préférés font ça peu importe le style. C’est ce que je tentes de faire.

CT – Parlons de ta connection avec le bassiste Alain Caron, tu sais qu’il viens de Rimouski ?

Mike Stern – Oui je le sais. Il est vraiment extra et ça fait trop longtemps qu’on a pas joué ensemble.

CT – Qu’est-ce que tu aimes le plus avec la musique ?

Mike Stern – Jouer avec le coeur et les trippes.

CT – Qu’est-ce que tu aimes le moins avec la musique ?

Mike Stern – La musique n’a jamais fait de mal à personne. L’apprentissage de la musique n’est pas toujours facile alors je pratique sans relâche pour apprendre une pièce difficile. J’ai appris ça de mes meilleurs profs de musique, il faut pas lâcher et tout deviendra clair éventuellement.

CT – Tu pratiques donc beaucoup ?

Mike Stern – J’adore jouer, ça me permets de me retirer du monde et de tout ces problèmes. La musique c’est une bonne chose et tout le monde devrait jouer un instrument et avoir cette passion. Même si je gagnais pas ma vie avec la musique, j’en jouerait quand même.

CT – Tu joues toujours au 55 Bar de NY les lundis et mercredis ?

Mike Stern – Oui mais j’ai été tellement sur la route, un peu trop même, alors j’ai hâte d’enseigner d’avantage l’an prochain et de faire un peu moins de route. J’ai le goût de ralentir un peu et je vais jouer au 55 Bar aussi longtemps que c’est ouvert, quelle chance j’ai quand même.

CT – Quelques mots en terminant pour nos lecteurs au sujet du 31 août ?

Mike Stern – On va jouer nos pièces qu’on va étirer un peu, tout les musiciens auront l’occasion de jouer et ça, j’aime ça. Encore une fois ces gars-là sont tellement bons et quand on joue live on peut étirer une pièce 15 minutes ce qui est vraiment très stimulant, alors j’espère que les gens viendront nous voir, c’est la 2ième fois que je joue au Festi Jazz et la dernière
fois on a eu beaucoup de plaisir…

Mike Stern, guitare et compositions, Danny Walsh (sax),  Edmond Gilmore (basse) et Richie Morales (batterie).

Festi Jazz international de Rimouski
Samedi le 31 août 19 h 30 / Cabaret Espace Scène de la salle Desjardins-Telus


Claude Thibault, éditeur – contacter / Facebook

C’est pour soigner son blues post-FIJM 2002 (après toute cette extravagance musicale le quotidien en prenait un coup!) que Claude lançait le 1e janvier 2003 la toute première version de sortiesJAZZnights.com. 16 ans et quelques versions plus tard l’aventure et la mission de faire connaître le jazz d’ici se poursuit!

 

Laisser un commentaire

Carlos Jiménez Quintet - Déjà vu

Abonnez-vous à l'infolettre sortiesJAZZnights.com

Et recevez chaque jeudi toutes les nouvelles du jazz du Québec et d'ailleurs incluant nos chronique d'albums, comme Déjà vu du Carlos Jiménez Quintet...

Merci de votre abonnement à notre infolettre !