
Saxophoniste, scénariste entre autres pour Spike Lee, écrivain (La couleur de l’eau), James McBride n’est pas le premier venu dans le monde de la musique ainsi que de l’étude la condition des Afro-Américains aux États-Unis. Mets le feu et tire-toi est paru pour la première fois en 2017 dans la collection Gallmeister (grand format), voici l’édition poche qui ne grèvera pas votre portefeuille.
Mets le feu et tire-toi, une biographie passionnée sur le traces de James Brown
Avec ce Mets le feu et tire-toi, l’auteur nous offre une biographie passionnée du père de la soul/funk musique : James Brown. Loin du très mauvais biopic qui lui fut consacré, ce livre est plutôt une étude en rouge sur un homme qui s’est construit à partir de rien, très conscient de la fragile condition du noir américain qui tout au long de sa vie devra se battre contre les préjugés et la jalousie ambiante. De I Feel Good en passant par Sex Machine, Living in America et l’inoubliable It’s A Man Man’s World, McBride retrace la vie tumultueuse de cet homme.
Un homme secret et sa première passion : la musique
À part certains articles bon marché, dont le chanteur était au courant et qui ne servaient qu’à vendre une image de chanteur, James Brown fut un homme secret. Ayant toujours peur de retomber à zéro, il cachait dans les chambres d’hôtel des liasses de billets et ne faisait confiance qu’à sa garde rapprochée qui malheureusement, le trahira un jour. Comme dans Le rouge et le noir de Stendhal, il montera au créneau, sans jamais trahir sa première passion : la musique.
Une lecture qui nous sort des portraits à l’eau de rose
Entre l’héritage de James Brown qui est incalculable et ses multiples échecs, James McBride livre un portait acidulé, d’une Amérique en proie à ses démons inégalitaires, reléguant à chaque foi la classe Afro-Américaine dans les oubliettes. Malgré son caractère bouillant, ses excès de toutes sortes, James Brown aura donné à « ses frères d’armes » des idées et parfois les moyens financiers pour s’en sortir. Une lecture obligatoire qui nous sort un peu des portraits à l’eau de rose.
James McBride
Mets le feu et tire-toi (Kill ‘Em and Leave)
Gallmeister/Totem, 322p.
Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique jazz a Ted Audio, une chronique classique a ludwig.com et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.