
Le quatuor TransQueb revient avec Maelstrom (2026), un deuxième album qui tient largement sa place dans la florissante scène du jazz fusion québécois.
TransQueb trace sa propre route
Si le genre connaît une certaine renaissance chez nous depuis quelques années, notamment avec des artistes comme Carl Mayotte, François Laliberté, Misc ou encore Julien Fillion, le quatuor TransQueb trace sa propre route en faisant cohabiter les sonorités d’Uzeb et de Return to Forever avec le rock progressif de Soft Machine et de Yes; certains passages évoquent même Harmonium.
Dans la continuité de l’excellent Station (2022), TransQueb continue de faire dialoguer jazz, rock progressif et mélodies accrocheuses
Formé dans la région de Drummondville et maintenant actif dans celle de Québec, le quatuor rassemble Nicolas Gosselin (batterie), Jeffrey Gagnon (guitare), Maude Gauthier (saxophones) et Raphaël Côté (basse, synthé), avec Francis Grégoire, qui les rejoint ponctuellement au piano. Dans la continuité de l’excellent Station (2022), TransQueb continue de faire dialoguer jazz, rock progressif et mélodies accrocheuses, avec une énergie collective qui donne sa force à l’ensemble.
Dunes et Résonances
Dès Dunes, les accords limpides et les lignes mélodiques expressives installent une fusion généreuse, portée par des ruptures et virages qui évoquent le rock progressif sans alourdir l’écoute. Résonances s’ouvre sur un motif obstiné de saxophone, puis s’étire en une mélodie souple sur une rythmique remarquablement assurée. La pièce glisse ensuite vers des couleurs psychédéliques, où la guitare de Jeffrey Gagnon prend le relais. Dans Les Cloches d’Ahuntsic, les bifurcations se multiplient, mais le saxophone garde le cap, porté par la complicité du groupe qui rend ces détours aussi naturels que captivants.
Galion d’Argent, Pt. 1 et Galion d’Argent, Pt. 2
Première partie d’un triptyque, Galion d’Argent, Pt. 1 change drastiquement d’échelle. Une pulsation discrète précède une guitare à douze cordes, dont la sonorité rappelle le rock progressif des années 1970 et, par moments, le lyrisme sublime d’Harmonium. La deuxième partie (Galion d’Argent, Pt. 2) prolonge cette mélancolie avant qu’un swing plus vif ne la traverse. Le calme revient en fin de pièce, laissant au saxophone tout le loisir de déployer son expressivité.
Galion d’Argent, Pt. 3
La troisième partie (Galion d’Argent, Pt. 3) rompt avec cette retenue, le saxophone devenant à la fois mordant et aérien, entraîné par un rythme ternaire lumineux. Un solo de basse fretless mène le triptyque vers une conclusion particulièrement satisfaisante. L’album tient sa promesse : les idées tourbillonnent, les atmosphères se transforment et TransQueb conserve, d’un bout à l’autre, le plaisir manifeste de jouer ensemble.

Raphaël Côté – basse, bouzouki, synth bass
Nicolas Gosselin – batterie, percussions
Maude Gauthier – saxophones
Jeffrey Gagnon – guitare, lapsteel
Francis Grégoire – claviers (absent sur la photo)
Arnaud G. Veydarier : arnaudgveydarier@gmail.com / Facebook
Arnaud G. Veydarier est guitariste, a étudié la musicologie à l’Université de Montréal et nourrit un intérêt prononcé pour le jazz, la musique contemporaine et les liens entre musique et développement urbain. Chaque deux semaines il nous propose un album. Pour voir tout ses bons plans et chroniques d’albums, c’est ici

