Notre ami Oliver Jones, un autre triste départ

Notre ami Oliver Jones, un autre triste départ

Après le saxophoniste Sonny Rollins et le pianiste René Urtreger (Ascenseur pour l’Échafaud), Plas Johnson, saxophoniste et voix de La Panthère rose, sans oublier notre ami Roberto Murray, le saxophoniste ténor parti subitement, notre ami le pianiste Oliver Jones tire sa révérence à l’âge de 91 ans.




Il laisse ainsi Montréal et le Québec orpheline de l’un de ses plus grands artisans du jazz


Il laisse ainsi Montréal et le Québec orpheline de l’un de ses plus grands artisans du jazz. Jones était un pianiste virtuose et une figure emblématique de la Petite-Bourgogne. Il a partagé la scène avec des géants et a servi de mentor à une génération entière. Il appartenait à cette rare catégorie d’artistes dont la carrière est liée à l’histoire culturelle d’une ville. C’était une personne douce et humble qui a toujours encouragé les jeunes musiciens. Il a joué un rôle crucial en tant que passeur.




Un jazz accessible à tous et à toutes, fondé sur le bonheur et la joie de vivre.


En 35 ans de jazz, je l’ai vu au moins une bonne quinzaine de fois. Dans ma mémoire, je me souviens de son tandem avec le trompettiste Clark Terry en 1990 pour Just Friends (titre de l’album aussi) ou avec son mentor et ami, Oscar Peterson, pour le 25e anniversaire du Festival International de Jazz de Montréal. Dans la lignée d’Oscar Peterson, tout comme celle d’Art Tatum et de Errol Garner, Oliver Jones revendiquait cette célèbre ligne. Un jazz accessible à tous et à toutes, fondé sur le bonheur et la joie de vivre.




De la Floride au Biddle’s en passant par Puerto Rico – Jim West de Justin Time remarque Oliver Jones


Après avoir passé quelques années sous le soleil de la Floride et de Puerto Rico, son retour à Montréal, en 1981, marque le début d’une période faste. Chez Biddle’s, il devient le pianiste attitré du club que son ami Charles Biddle vient de fonder. C’est là, dans ce lieu, que le producteur Jim West le remarque et lance Justin Time Records. Cette association donnera lieu à une discographie imposante jalonnée d’albums tous aussi pétillants les uns que les autres.





Oliver Jones était aussi l’un des piliers du Festival International de Jazz de Montréal


Oliver Jones était aussi l’un des piliers du Festival International de Jazz de Montréal, avec le chef d’orchestre Vic Vogel. Il incarnait parfaitement l’esprit du festival avec sa présence chaleureuse et éclatante. C’était une célébration en soi de la transmission, du jazz et plus encore de l’amitié. Oliver fut l’ami de tous. Il représentait un modèle de noblesse pour Montréal et plus encore pour sa Petite-Bourgogne. Je l’imaginais très bien célébrer l’incontournable : Hymn to Freedom.




NDLR : on fils des années on a filmé Oliver Jones quatorze fois dans plusieurs contextes et groupes (même @ Haiti!) qui se retrouvent sur notre liste d’écoute YouTube.


Christophe Rodriguez

Sous la fine plume de notre plus fidèle chroniqueur, découvrez les meilleurs albums et livres jazz du Québec et de la planète. Christophe écrit également une chronique culturelle a La Métropole et est l’auteur du livre Les grands noms du jazz.




Oliver Jones, Julian McIntosh 4tet et Coco Thompson @ la Salle Liberty de l’UNIA (7 juin 2025)


 

 

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